Pour parer à toute inflation: Le poisson et le poulet congelés à la rescousse

En plein mois de Ramadhan, marqué par une forte hausse de la consommation et une tension perceptible sur les marchés, les autorités locales tentent de contenir la pression sur les prix. À Oran, 115 tonnes de poisson et 700 tonnes de poulet congelé sont injectées afin de stabiliser l’offre et préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Depuis plusieurs semaines, les étals enregistrent une baisse notable des produits halieutiques. Les conditions météorologiques défavorables ont considérablement réduit les sorties en mer, provoquant une raréfaction du poisson et, mécaniquement, une hausse des prix. Face à cette situation, la Direction de la pêche et de l’aquaculture de la wilaya a activé un plan alternatif en s’appuyant sur l’aquaculture. Une ferme située à Aïn El Turck fournit ainsi 100 tonnes de dorade royale et de loup de mer, tandis que 15 tonnes de tilapia sont également injectées sur le marché grâce à la coordination avec les éleveurs piscicoles. Toutefois, si ces quantités visent à soulager la demande durant ce mois de forte consommation, la question de leur impact réel sur les prix pratiqués au détail reste posée, notamment en raison des circuits intermédiaires.
Par ailleurs, au-delà de la réponse conjoncturelle, les services concernés misent sur une approche plus structurelle. Pas moins de 500 000 alevins de dorade royale ont été introduits dans des cages flottantes à Cap Falcon, et six nouveaux projets d’aquaculture ont été validés pour une production globale annoncée de 2 220 tonnes à terme. Ces investissements traduisent une volonté de réduire la dépendance aux aléas climatiques et de renforcer l’autonomie halieutique locale. Néanmoins, leur efficacité dépendra autant de la production que de la régulation effective du marché.
Dans le même contexte, et afin de lutter contre la spéculation dans le secteur des viandes blanches, l’entreprise des Abattoirs de l’Ouest met à disposition 700 tonnes de poulet congelé. Le prix du kilogramme est plafonné à 330 dinars, dans le but affiché de préserver le pouvoir d’achat des ménages. La distribution s’effectue à travers dix marchés relevant de l’établissement ainsi que dans plusieurs marchés de proximité ouverts récemment, notamment à Belgaïd, El Yasmine et Gdyel. Cette offre constitue pour de nombreuses familles une alternative plus accessible, alors que les prix des viandes rouges demeurent élevés.
Ainsi, si l’approvisionnement semble assuré sur le plan quantitatif, la véritable bataille demeure celle du contrôle des prix sur le terrain. Le Ramadhan reste une période où la demande s’intensifie fortement, mettant à l’épreuve les mécanismes de régulation. Entre injection de volumes, lutte contre la spéculation et volonté de préserver le pouvoir d’achat, les autorités cherchent à maintenir un équilibre fragile afin que la pression économique ne vienne pas alourdir davantage les charges des ménages en ce mois sacré.
Des prix plafonnés
Rappelons qu’à Oran, comme dans beaucoup de villes algériennes, le repas de l’iftar reste une équation parfois « compliquée » pour de nombreuses familles durant le Ramadhan.
Dans les marchés et épiceries de la ville, certaines denrées essentielles affichent des tarifs qui demandent une gestion serrée du budget. Le 1 kg de riz est aux alentours de 131 DA, les œufs (la douzaine) se vendent autour de 217 DA, et le lait (1 litre) est autour de 143 DA. Parmi les produits laitiers, 1 kg de fromage local peut dépasser 690 DA, souvent réservé aux occasions plutôt qu’à la consommation quotidienne. Plus protéique, la viande de bœuf coûte environ 1 697 DA le kg et les filets de poulet sont autour de 590 DA le kg.
Côté fruits et légumes, 1 kg de tomates est approximativement à 119 DA, 1 kg de pommes à 459 DA, 1 kg de bananes à 393 DA, tandis que 1 kg de pommes de terre peut être trouvé à environ 127 DA dans les commerces oranais. Ces prix reflètent l’effort des marchés à répondre à la demande sans provoquer de chocs trop forts sur les budgets des ménages.
Pour la campagne de Ramadhan 2026, les autorités ont aussi « plafonné » le prix de certaines viandes pour éviter les envolées spéculatives. Ainsi, selon des données récentes, la viande ovine est limitée à un prix maximal de 1 860 DA le kilogramme, une mesure prise pour limiter l’impact des variations de marché sur les ménages durant le mois sacré.
Malgré ces efforts, le coût de l’alimentation reste un défi pour beaucoup de familles à Oran, qui doivent composer avec des prix élevés pour les protéines comme la viande ou les produits laitiers, tout en conciliant traditions et moyens limités. Le Ramadhan, période de partage et d’exigence spirituelle, met aussi à l’épreuve le portefeuille des foyers, débattant chaque année entre traditions culinaires et contraintes économiques.
K.B et O.A.N
