7 et 15 ans de réclusion pour les auteurs :Un homicide maquillé en accident

Le tribunal criminel de première instance a récemment rendu son verdict dans une affaire d’homicide volontaire avec préméditation, tentative d’homicide, complicité et non-dénonciation de crime. Le principal accusé, B.O., a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle, tandis que son complice direct, B.A., a écopé de sept ans de prison. Quant aux deux autres prévenus, poursuivis pour ne pas avoir alerté les autorités, ils ont respectivement été condamnés à 18 mois de prison ferme et une année avec sursis.
Les faits remontent au 4 mai 2024. Ce jour-là, les gendarmes de Hassi Ben Okba sont alertés par leurs homologues d’Oran concernant un grave accident de la circulation sur la RN-46, reliant les communes de Hassi Bounif et Ben Okba. Sur les lieux, les enquêteurs découvrent une moto et une Renault Clio accidentées. Deux blessés ont déjà été évacués vers l’hôpital du 1er-Novembre-1954, mais le conducteur de la voiture a pris la fuite.
Sur place, S.A., va livrer une première version aux gendarmes : il affirme qu’il se trouvait à bord du véhicule conduit par B.O., qui aurait perdu le contrôle après un dépassement dangereux d’un tiers circulant à contresens, percutant ainsi la moto. Cependant, ce récit s’effondre rapidement. Les gendarmes s’étonnent que S.A., soit totalement indemne malgré la violence du choc, alors que sa veste est maculée de sang. Acculé, il change de version, niant finalement sa présence dans la voiture et prétendant avoir été informé du drame par un ami avant de décider d’alerter les secours.
Une fois interpellé et confronté à ces éléments, B.O. finit par reconnaître son implication. Il persiste toutefois à plaider l’accident de la route, expliquant sa fuite par la peur des représailles de la part de la famille des victimes. Cette ligne de défense est pourtant balayée par le témoignage accablant du passager de la moto, seul survivant du drame. Ce dernier explique que le prévenu les a percutés délibérément à l’entrée de Ben Okba. Pire, une fois les victimes au sol, le conducteur de la Clio aurait fait demi-tour pour les percuter une seconde fois. « À ce moment-là, j’ai perdu connaissance », a-t-il déclaré, s’en sortant miraculeusement avec de multiples fractures et contusions.
Le témoignage de B.A., également arrêté durant l’instruction, est venu confirmer les intentions criminelles de B.O., précisant qu’un différend opposait les protagonistes. À la barre du tribunal, si le principal accusé a maintenu la thèse de l’accident, il a été lourdement chargé par ses propres complices.
Zemmouri L.

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