Place des femmes dans les médias: Nouara Djaâfar évoque un paradoxe

Hier à Oran, le forum organisé par le quotidien public « El Djoumhouria » a mis en lumière un paradoxe du secteur médiatique : près de 80 % des journalistes en Algérie sont des femmes, mais elles restent largement absentes des postes de décision. Un constat soulevé par l’ancienne ministre et figure du paysage médiatique Nouara Saâdia Djaâfar.

La rencontre a réuni des professionnels des médias de l’Ouest et des acteurs du champ journalistique et académique autour des mutations que connaît le secteur, notamment sous l’effet de la transition numérique.
Dans son intervention, Nouara Saâdia Djaâfar a défendu le rôle de la presse écrite, qualifiée de «presse mère », en insistant sur sa fonction de mémoire et d’archivage, à l’opposé de contenus numériques marqués par l’instantanéité. Tout en reconnaissant les apports des nouvelles technologies, elle a mis en garde contre leurs dérives, notamment la diffusion d’informations non vérifiées et la propagation de fausses nouvelles.
Elle a appelé à renforcer les pratiques professionnelles, en particulier la vérification des sources et la réactivité face à la désinformation, rappelant que la technologie constitue « une arme à double tranchant ».
La question du journalisme citoyen a également été abordée. S’il peut contribuer à révéler certaines réalités, il reste exposé aux risques de manipulation et nécessite un encadrement rigoureux afin de préserver la crédibilité de l’information.
Revenant sur la place des femmes dans les médias, l’intervenante a dénoncé un déséquilibre persistant entre leur forte présence dans les rédactions et leur faible accès aux responsabilités, un constat qu’elle a élargi au champ politique.
K.B

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