Moyen-Orient: Le conflit s’embrase

Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est excusé hier samedi auprès des pays voisins pour les frappes les ayant visés depuis le début du conflit, il y a plus d’une semaine. L’Iran a également défié la demande de « capitulation » formulée la veille par Donald Trump, affirmant qu’il ne « se rendra pas », alors qu’Israël poursuivait, hier, son agression sur Téhéran.
« Je m’excuse (…) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l’Iran », a-t-il déclaré dans un discours diffusé sur la télévision d’État, affirmant que l’Iran ne visait ses voisins que quand il avait d’abord été attaqué depuis ces mêmes pays.
Le président iranien a aussi indiqué, la veille vendredi, que des pays « avaient entamé des efforts de médiation » pour mettre fin à la guerre. « Des pays ont entamé des efforts de médiation. Soyons clairs: nous sommes attachés à une paix durable dans la région, mais nous n’avons aucune hésitation à défendre la dignité et la souveraineté de notre nation », a déclaré Massoud Pezeshkian dans un message publié sur X, avant d’ajouter : « La médiation devrait s’adresser à ceux qui ont sous-estimé le peuple iranien et déclenché ce conflit ».
A propos des déclarations de Trump, réclamant «une capitulation sans conditions» préalable à l’arrêt de la guerre, l’Iran, par le biais de son président, a affirmé que « Les ennemis (Israël et les États-Unis) peuvent emporter dans leurs tombes leur souhait de voir le peuple iranien se rendre ».
Le président américain, pour sa part, a haussé le ton en début d’après-midi d’hier, menaçant de frappé, les heures suivantes, très durement le territoire iranien. « En raison du comportement répréhensible de l’Iran, des régions et des groupes de personnes qui n’étaient jusqu’à présent pas considérés comme des cibles sont désormais sérieusement envisagés pour une destruction totale et une mort certaine », a écrit le président américain dans une publication sur son réseau social Truth Social, avertissant que le pays allait être « très durement frappé » (ndlr : hier).
Donald Trump a aussi estimé que « l’Iran est “le perdant du Moyen-Orient’’ et le restera pendant plusieurs décennies jusqu’à ce qu’il capitule ou, plus probablement, s’effondre complètement ! », réitérant son appel lancé hier pour une capitulation inconditionnelle des dirigeants iraniens.
L’armée iranienne a annoncé, quant à elle, avoir lancé, hier samedi, une nouvelle « vague massive d’attaques de drones » contre Israël et des bases américaines aux Emirats arabes unis et au Koweït, selon un communiqué transmis par l’agence de presse officielle iranienne IRNA.
Parmi les cibles mentionnées se trouvent la base d’Al-Minhad, aux Emirats arabes unis, qui accueille des soldats américains, une autre base au Koweït ainsi qu’une « installation stratégique » en Israël, selon la même source. Les gardiens de la révolution ont par la suite expliqué avoir visé la base d’Al-Dhafra aux Emirats, qui accueille des troupes américaines. « Lors de cette attaque, le centre de guerre aérienne des terroristes américains, le centre de communications satellitaires, les radars d’alerte précoce et les radars de contrôle de tir ont été touchés », ont déclaré les gardiens de la révolution dans un communiqué relayé par l’agence Tasnim.
Rappelons que vendredi, l’entité sioniste a déclaré avoir lancé des frappes « de grande ampleur » sur Téhéran tandis que les Etats-Unis, le même jour, se sont targués d’avoir frappé plus de 3.000 cibles durant la première semaine de guerre contre l’Iran.
Vendredi soir, l’Iran s’était également lancé dans une salve de drones et de missiles en direction d’Israël vendredi soir,
L’Iran a annoncé ce vendredi soir tirer une nouvelle salve de drones et missiles en direction d’Israël, et cela en réaction aux frappes israéliennes sur son territoire qui avaient visé, avant-hier vendredi, plus de 400 cibles. Des cibles qui ont été frappées dans plusieurs régions d’Iran. Hier samedi, l’entité sioniste s’est de nouveau attaqué à l’Iran, avec des frappes dites « de grande ampleur »
Echange entre Poutine et Pezechkian
Le Kremlin de son côté, en la personne de Vladimir Poutine dit s’être entretenu avec son homologue iranien Massoud Pezechkian et a appelé, par la suite, à un cessez-le-feu.
« Les dirigeants (nldr : russe et iranien) ont discuté en détail des questions relatives au développement de la coopération russo-iranienne sur la base du traité bilatéral de partenariat stratégique global », rapporte le Kremlin dans un communiqué.
A propos de Russie, plusieurs services de renseignement américains ont indiqué à CNN que la Russie fournit à l’Iran des renseignements sur la position et les mouvements des troupes mais aussi des navires ou encore des avions américains.
Pour le reste des pays du Golf impactés par cette guerre, il y a le Qatar qui a affirmé avoir été visé par dix drones iraniens, sans déplorer de victimes. C’est le ministère de la Défense qatari qui l’a annoncé.
« La Qatar a subi des vagues d’attaques de la République islamique d’Iran impliquant dix drones, qui ont commencé vendredi à l’aube », a-t-il indiqué.
L’armée a « intercepté avec succès neuf drones, tandis qu’un drone a frappé une zone non habitée, sans faire de victimes », et cela avant que l’aviation civile du Qatar n’annonce une reprise partielle du trafic aérien.
Le détroit d’Ormuz toujours bloqué
En Irak, des roquettes ont visé vendredi soir l’aéroport de Bagdad, qui abrite une base militaire et une mission diplomatique américaine.
La cellule de presse chargée des questions de sécurité du gouvernement irakien a déclaré dans un communiqué qu' »à 20h20 (heure irakienne), plusieurs roquettes ont été lancées » depuis le secteur d’Abou Ghraib, près de Bagdad.
Toujours en Irak, à Erbil, dans le Kurdistan irakien, une forte explosion a secoué vendredi Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, suivie d’une colonne de fumée s’élevant d’un hôtel de la ville, a constaté un journaliste de l’AFP.
Un peu plus tôt, les États-Unis avaient averti que des combattants liés à l’Iran pourraient prendre pour cible des hôtels au Kurdistan irakien fréquentés par des étrangers.
« Des groupes alignés sur l’Iran pourraient chercher à prendre pour cible des hôtels fréquentés par des étrangers dans la région du Kurdistan irakien », indique l’ambassade des États-Unis à Bagdad dans un avis mis à jour, réitérant son appel à ce que les ressortissants américains quittent le pays dès que possible.
L’Arabie saoudite a elle aussi été visée par un « missile de croisière », finalement intercepté et détruit »Un missile de croisière a été intercepté et détruit à l’est du gouvernorat d’Al-Kharj », a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué publié sur X, au septième jour de la guerre au Moyen-Orient.
A Manama, la capitale de Bahrein, plusieurs explosions ont été entendues vendredi soir, a rapporté l’AFP, tandis que les autorités ont déclenché une sirène d’alerte.
« La sirène a retenti. Nous demandons aux citoyens et aux résidents de rester calmes, de se rendre à l’endroit sûr le plus proche et de suivre les informations diffusées par les chaînes officielles », a écrit le ministère de l’Intérieur sur X.
L’armée iranienne a aussi affirmé avoir ciblé un pétrolier américain qui est « en feu » dans le Golfe. En effet, le porte-parole de l’armée iranienne a affirmé que les forces de Téhéran avaient ciblé un pétrolier américain qui serait « en feu » dans le Golfe. « Un pétrolier appartenant aux États-Unis, près des frontières du Koweït, a été ciblé et est en feu », a déclaré Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon la télévision d’État.
Signalons enfin que seul neuf navires de transport (pétroliers, cargos ou navires-citernes), dont certains camouflant par moments leur position, ont été détectés en traversant le détroit d’Ormuz depuis lundi dernier, après de premières attaques visant des navires, selon les données du site MarineTraffic.
Trois pétroliers et un navire transportant du gaz liquéfié ont notamment traversé cet étroit bras de mer, où transite normalement près de 20% du brut mondial et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL), en pleine guerre au Moyen-Orient.
Rappelons que le détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis dimanche, est un passage très stratégique du commerce maritime mondial. Un quart du pétrole mondial y transite.
R.I
