Mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour : Un projet stratégique pour l’Algérie

Le lancement, ce mois de mars, de l’exploitation de la mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour (wilaya de Béjaïa) marque une étape décisive pour le secteur minier algérien. Invité de la Chaîne 3, le professeur Malek Ould Hamou, directeur du laboratoire de génie minier et consultant, a détaillé les enjeux techniques, économiques et environnementaux de ce projet d’envergure.
Le site d’Oued Amizour recèle environ 34 millions de tonnes exploitables, dont près de 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb. Bien que la teneur du minerai soit relativement faible (4 % de zinc et moins de 1,5 % de plomb), sa valeur sur les marchés internationaux lui confère une importance stratégique. Classé au 12e rang mondial, ce gisement permettra de renforcer l’approvisionnement national en matières premières pour l’industrie métallurgique et de réduire la dépendance aux importations.
Contrairement aux mines à ciel ouvert, Oued Amizour sera exploité en mode souterrain. Les blocs de minerai extraits seront acheminés vers une usine de valorisation. Le procédé retenu est la flottation, une technique physico-chimique qui consiste à fragmenter le minerai en particules fines (moins de 100 microns) avant de séparer les minéraux utiles grâce à des réactifs spécifiques. Ce processus permet d’augmenter considérablement la teneur en métaux : de quelques pour cent à près de 60 % pour le zinc et le plomb.
Le projet devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects, liés à l’extraction, au traitement et à la logistique. La durée d’exploitation est estimée entre 19 et 20 ans, ce qui en fait une source durable de revenus pour la région et pour l’État. À terme, la production servira en priorité le marché national, avant l’exportation de l’excédent.
Par ailleurs, le professeur Ould Hamou a insisté sur les mesures environnementales prévues avec la réutilisation des résidus miniers pour combler les vides souterrains et éviter les affaissements ; la gestion des eaux et des rejets afin de prévenir le drainage minier acide et limiter les risques de pollution ainsi que le mélange des résidus avec du ciment pour stabiliser les zones exploitées.
Le projet est mené dans le cadre d’un partenariat mixte : un groupe algérien détient 51 % des parts, tandis que la société australienne Terramin Australia Limited en possède 49 %, apportant son expertise technique et technologique.
M. Salah
