Sorcellerie dans les cimetières : Des buzz qui inquiètent

A Oran, comme dans plusieurs régions d’Algérie, le phénomène de la sorcellerie pratiquée dans les cimetières continue de susciter l’inquiétude. Malgré les avertissements religieux et les campagnes de sensibilisation, de nombreux citoyens signalent régulièrement la découverte d’objets utilisés dans des rituels occultes au sein des lieux de sépulture.

Des pratiques de sorcellerie sont constatées notamment dans les cimetières de Sidi El Bachir, Ain El Beida et El Kerma, où des talismans, morceaux de tissus noués, photos percées et ossements d’animaux sont fréquemment retrouvés aux abords des tombes.
Les autorités religieuses n’ont cessé d’alerter sur ce fléau. Le ministère des Affaires religieuses et des Waqfs rappelle régulièrement que la sorcellerie est strictement interdite en Islam et constitue un péché majeur. Cette position est renforcée par les discours hebdomadaires des imams, particulièrement durant les prêches du vendredi, appelant à protéger les cimetières et à sensibiliser les jeunes générations.
Historiquement, le phénomène de la sorcellerie dans les sociétés nord-africaines remonte à l’époque précoloniale. Ces pratiques servaient souvent à influencer des événements personnels comme les mariages, la fécondité ou la réussite économique. À l’époque moderne, ces rituels se sont transformés, mêlant traditions anciennes, croyances locales et instruments modernes, mais ils restent alimentés par la peur, la jalousie ou la vengeance.
A Oran, plusieurs associations citoyennes organisent régulièrement des campagnes de nettoyage dans les cimetières. À chaque intervention, de nombreux objets de sorcellerie sont découverts. Les membres de ces associations affirment qu’à chaque opération, une quantité impressionnante d’amulettes et de sorts est retrouvée, ce qui trouble profondément les familles venues se recueillir.
La prolifération de ces actes est également alimentée par les réseaux sociaux. Pratiquement chaque semaine, des photos et des vidéos dévoilant des objets suspects découverts dans les cimetières sont publiées sur Facebook, TikTok et Instagram. Ces contenus deviennent souvent viraux, déclenchant des vagues d’indignation, d’incompréhension et d’appels à plus de fermeté. Une vidéo récente montrant une poupée enchaînée retrouvée dans un cimetière d’Oran a été massivement partagée, provoquant l’émoi parmi les internautes. Ces buzz renforcent la peur collective et mettent en lumière l’ampleur d’une pratique que beaucoup pensaient en voie de disparition.
Face à cette situation, les autorités locales, en collaboration avec les services de sécurité, ont décidé d’intensifier la surveillance des cimetières, notamment à l’approche des périodes comme Achoura ou le Mawlid, moments où les actes de sorcellerie connaissent souvent une recrudescence. Toutefois, plusieurs spécialistes rappellent que l’éradication des croyances occultes ne passe pas uniquement par la répression, mais nécessite aussi un travail profond d’éducation et de sensibilisation.
Malgré tous ces efforts, la sorcellerie continue de survivre, dissimulée dans les interstices d’une société en pleine mutation, entre modernité affichée et croyances ancestrales profondément enracinées.
O.A Nadir

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