Tribunal criminel d’appel : 12 harragas, dont 10 Marocains, condamnés
12 individus, dont dix ressortissants marocains, ont comparu devant le tribunal criminel d’appel près la Cour d’Oran pour tentative d’émigration clandestine dans le cadre d’un groupe criminel organisé. À l’issue des délibérations, les nommés K. Mohamed et B. Ahmed, de nationalité algérienne et comparaissant en liberté provisoire, ont été condamnés à deux ans de prison ferme. Quant aux dix Marocains, originaires de la commune de Jerada, les faits les concernant ont été requalifiés en « non-dénonciation de crime », leur valant une peine de 18 mois de prison ferme.
L’affaire remonte au 14 septembre 2023, suite à des informations parvenues aux services de la Gendarmerie nationale de Sid El Bachir, dans la wilaya d’Oran. Ces renseignements faisaient état de la présence d’un groupe de Marocains occupant une habitation située au niveau de la rue « la Fonderie », à Bendaoud, dans le but de préparer une traversée illégale vers l’étranger.
Lors de l’intervention des forces de sécurité à l’adresse indiquée, c’est K. Mohamed qui a ouvert la porte. La fouille des lieux a alors permis de découvrir les ressortissants marocains ainsi que B. Ahmed.
Interrogés, les deux Algériens ont affirmé qu’ils travaillaient comme gardiens pour le compte du propriétaire de la maison. Ils ont soutenu avoir été surpris de découvrir ces étrangers à leur retour sur leur lieu de travail le matin même. Selon leurs dires, les ressortissants marocains leur auraient expliqué que des maçons leur avaient ouvert la porte pour leur permettre d’entrer. De leur côté, les Marocains ont précisé être arrivés en Algérie par voie légale : ils avaient transité du Maroc vers la Tunisie par avion, avant de rallier l’aéroport international Houari Boumediene d’Alger. Leur objectif final était de rejoindre l’Espagne clandestinement sous la houlette d’un certain « Ahmed », chargé de leur réception et de leur prise en charge.
Devant la barre du tribunal criminel, les prévenus marocains ont maintenu leurs déclarations initiales, réitérant que leur seul but était de rejoindre l’autre rive de la Méditerranée. Questionnés par le président de l’audience sur les raisons d’un tel détour géographique pour ce voyage, ils ont argué que ce trajet leur revenait moins cher, tout en évoquant la précarité de leurs conditions de vie dans leur pays d’origine. Ils ont également apporté des précisions sur l’organisateur de ces filières, un ressortissant marocain à qui ils auraient versé une importante somme d’argent.
Pour leur part, les deux Algériens ont fermement nié tout lien avec cette organisation de traversées clandestines. Le représentant du ministère public a requis une aggravation des peines à l’encontre de l’ensemble des mis en cause. La défense des ressortissants étrangers a plaidé les circonstances atténuantes, soulignant que ces pères de famille n’avaient entrepris ce long périple que pour travailler, malgré l’infraction aux lois. Les avocats des deux Algériens ont, quant à eux, plaidé la relaxe.
Zemmouri L.
