Une figure marquante

Le politologue spécialisé en droit international, Ismaïl Khelfallah, a rendu hommage samedi à l’ancien président de la République, le défunt moudjahid Liamine Zeroual, décédé la veille. Il a salué une figure marquante et honorable qui restera inscrite dans l’histoire de l’Algérie.
Invité de la Radio Algérie Internationale, Ismaïl Khelfallah a rappelé que Liamine Zeroual avait dirigé le pays dans une période particulièrement difficile, marquée par l’isolement international et la crise interne. Il a souligné ses positions courageuses et son rôle dans la préservation de l’État algérien.
Il a mis en avant la contribution de Zeroual à l’instauration du processus de concorde civile, qui a ouvert la voie au pacte de réconciliation nationale et permis d’éteindre les flammes de la discorde. Selon lui, Zeroual a posé les bases de la paix dont bénéficie aujourd’hui l’Algérie, citant l’exemple du « Pacte d’Alger » adopté par le Mali pour mettre fin à son conflit interne.
Khelfallah est revenu sur la décision de Zeroual de fermer les frontières avec le Maroc en 1994, après que l’Algérie eut été accusée des attentats de Marrakech. Il a qualifié cette décision de sage et souveraine, face aux manœuvres du régime marocain qu’il accuse d’avoir soutenu des groupes terroristes et alimenté l’instabilité régionale.
Le politologue a également mis en lumière la place actuelle de l’Algérie sur la scène internationale. Il a noté l’intérêt croissant des grandes puissances pour Alger, en raison de son rôle central dans les équilibres méditerranéens, régionaux et mondiaux.
Dans le contexte des tensions au détroit d’Ormuz et à Bab el‑Mandeb, et face aux conséquences de la guerre en Ukraine sur l’énergie en Europe, Khelfallah a souligné que le gaz algérien constitue une solution stratégique. Il a rappelé l’accord conclu avec l’Italie lors de la visite de la Première ministre Giorgia Meloni, prévoyant une augmentation de 30 % des livraisons.
Selon lui, l’Algérie mène une diplomatie équilibrée, fondée sur la diversification des partenariats sans dépendre d’aucune puissance, ni orientale ni occidentale. Cette approche traduit une volonté souveraine et une maturité politique, faisant de l’Algérie un partenaire fiable, bâtissant ses relations sur le respect mutuel et les intérêts partagés.
Concernant la révision de l’accord d’association Algérie‑Union européenne de 2005, Khelfallah a rappelé que l’Algérie a affirmé clairement que « l’Algérie de 2025 n’est pas celle de 2005 ». Il estime que l’accord n’a pas suffisamment servi les intérêts nationaux, notamment en matière de transfert de technologie et d’investissements, ce qui a poussé Alger à renforcer ses relations bilatérales, particulièrement avec l’Italie.
G. Salima

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