Pénurie de médicaments : Le ministère rappelle les opérateurs à l’ordre

Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a donné jusqu’à aujourd’hui, comme dernier délai, aux établissements producteurs, importateurs et distributeurs de médicaments de mettre en circulation leurs stocks de produits signalés en situation de tension ou de pénurie.
Cette décision vise à stabiliser l’approvisionnement du marché national et à répondre aux besoins des pharmacies sur l’ensemble du territoire.
Dans une note adressée aux opérateurs, le ministère a relevé que plusieurs médicaments, pourtant signalés comme indisponibles par le dispositif national de surveillance et de veille, demeurent stockés chez certains établissements. Il a donc fixé un délai allant de 48 heures à cinq jours pour leur commercialisation, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément. Le ministère a également rappelé que toute pratique illégale, telle que la spéculation, la rétention de stocks ou la vente conditionnelle, sera sanctionnée conformément à la réglementation. Cette mesure s’inscrit dans la continuité des déclarations antérieures du ministère de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique, qui ont à plusieurs reprises reconnu l’existence de tensions sur le marché. Déjà en 2024 et 2025, les autorités avaient annoncé des plans d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement, notamment en médicaments destinés aux maladies chroniques, en insistant sur la nécessité d’une meilleure régulation des circuits de distribution et d’une lutte accrue contre les pratiques spéculatives.
Le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO), Sami Tirache, a confirmé que la dernière réunion du dispositif de veille a recensé une pénurie ou rupture concernant 52 médicaments à dénomination commune internationale, regroupant plusieurs marques commerciales. Il a salué la note ministérielle qui prévoit un délai de cinq jours pour permettre l’acheminement des produits vers les zones reculées, tout en rassurant les patients chroniques que les indicateurs actuels sont « rassurants » et que les mesures prises devraient mettre fin à l’inquiétude.
Tirache a toutefois mis en garde contre les rumeurs incitant à l’achat excessif et au stockage de médicaments, pratiques qui provoquent des pénuries artificielles. Il a expliqué que certaines tensions sont liées au refus de certains fabricants de produire des médicaments jugés peu rentables, et dénoncé les pratiques illégales de certaines entreprises, telles que la vente conditionnelle, qui affectent la disponibilité des produits.
T. Feriel
