Disponibilité des médicaments : Tout le monde doit jouer le jeu

 

Le vice-président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) et membre de l’Observatoire national de la veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques, Mehdi Bouchene, a annoncé hier la tenue, aujourd’hui, d’une réunion importante au ministère de l’Industrie pharmaceutique.

Selon lui, cette rencontre périodique s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue et vise à examiner de manière « claire, honnête et objective » les situations de rupture et de tension, en identifiant précisément les produits concernés et en évaluant les mesures à renforcer.
Invité de la Chaîne 3 de la Radio nationale, Bouchene a expliqué que l’objectif est de maintenir l’équilibre du marché et d’anticiper d’éventuelles perturbations liées aux tensions géopolitiques internationales. Il a rappelé que les notes diffusées samedi dernier par le ministère ont marqué un tournant, en appelant les opérateurs à signaler toute difficulté liée au transport ou à l’approvisionnement en matières premières.
Parallèlement, des commissions mixtes de contrôle ont été déployées dans les wilayas pour vérifier le respect des programmes prévisionnels et s’assurer que les stocks disponibles sont effectivement injectés dans le circuit de distribution. Ces inspections peuvent déboucher sur des sanctions allant jusqu’à la fermeture d’établissements en cas de manquements graves.
Concernant les produits en tension, Bouchene a précisé que la situation reste globalement maîtrisée, avec entre 30 et 60 médicaments concernés. Il distingue deux catégories : ceux disponibles mais difficilement accessibles (20 à 30 produits) et ceux totalement indisponibles, beaucoup moins nombreux. Les causes sont multiples : dépendance aux matières premières importées, contraintes logistiques, ou choix économiques des laboratoires qui privilégient des marchés plus rentables. Certains médicaments peu coûteux, autour de 200 dinars, ne sont pas fabriqués localement car jugés non viables économiquement.
Bouchene a insisté sur la nécessité d’éviter les comportements aggravants, comme le stockage excessif par les patients, qui peut accentuer artificiellement les tensions. Il appelle à une responsabilité collective pour garantir un accès équitable aux médicaments. Il a par ailleurs noté des améliorations récentes, avec plusieurs produits remis sur le marché dans des délais courts (48 heures à cinq jours), grâce aux mesures prises par le ministère.
Un autre élément clé est la montée en puissance de la production locale : 82 % des produits commercialisés en officine sont désormais fabriqués en Algérie. Cette évolution réduit la dépendance aux importations et garantit des prix accessibles grâce à la régulation et au remboursement. Toutefois, Bouchene souligne la nécessité de diversifier la production afin d’éviter qu’un médicament ne dépende d’un seul fabricant, ce qui constituerait un risque en cas de défaillance.
Enfin, il a évoqué plusieurs projets industriels en cours, notamment un partenariat entre un opérateur algérien et une entreprise allemande pour produire localement la lévothyroxine, médicament très utilisé en Algérie. Les premières mises sur le marché sont attendues en juin 2027. D’autres projets concernent la fabrication d’intrants essentiels, comme les flacons en verre médical, actuellement importés. Ces initiatives visent à renforcer la souveraineté pharmaceutique du pays dans un contexte mondial incertain.
T. Feriel

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