Pour protéger les céréales: Des produits phytosanitaires à crédit

Accès limité aux intrants, coûts élevés des produits phytosanitaires, risques de maladies pouvant détruire jusqu’à 40 % des récoltes… Ce sont les difficultés auxquelles font face les producteurs de céréales. Pour y répondre, le ministère de l’Agriculture a lancé jeudi à Alger un mécanisme inédit : le crédit fournisseur.
Ce dispositif permet aux agriculteurs, notamment les plus modestes, d’obtenir semences, engrais et produits phytosanitaires sans paiement immédiat, avec remboursement après la vente de la récolte.
Ce système, déjà appliqué pour les semences et engrais, s’étend désormais aux traitements phytosanitaires. L’objectif est de garantir une intervention rapide contre les maladies et ravageurs, réduire les pertes et améliorer la productivité. Le ministre Yacine El‑Mahdi Oualid a insisté sur l’importance d’un suivi scientifique rigoureux et du respect du parcours technique, notamment en matière de fertilisation et de traitement des plantes.
La campagne actuelle bénéficie de conditions climatiques favorables et d’un ensemble de mesures de soutien : semences fournies sans prépaiement, cellules de suivi post‑semis dans les wilayas productrices, conseils pratiques sur l’utilisation des produits phytosanitaires, et distribution supplémentaire de 50 % d’engrais azotés. Pour la première fois, des drones sont déployés afin de surveiller les cultures, optimiser la fertilisation et cibler les traitements, réduisant ainsi l’usage de produits chimiques.
Parallèlement, 368 journées d’orientation ont été organisées en février et mars au profit de plus de 3 800 agriculteurs, avec poursuite des formations durant la phase de traitement. Les préparatifs pour la campagne moisson‑battage incluent le renforcement des moyens logistiques, l’augmentation des capacités de stockage et le renouvellement du parc de machines agricoles, conformément au programme de mécanisation décidé par la présidence.
La réunion a rassemblé cadres du secteur, organismes professionnels, entreprises publiques, instituts techniques et plusieurs start‑up proposant des solutions innovantes pour le suivi sanitaire des cultures. Le crédit fournisseur apparaît ainsi comme un levier essentiel pour moderniser la filière céréalière et sécuriser la saison 2025‑2026.
Ch.G
