Exposition à M’dina J’dida : Le miel d’automne attire les foules

Au cœur de M’dina J’dida, une exposition dédiée au miel attire la foule autour du miel d’automne, issu des fleurs tardives et du caroubier, réputé pour sa richesse en saveurs et ses propriétés énergétiques.
Les producteurs locaux, venus de Laghouat et des montagnes environnantes, proposent cette variété à des prix allant de 2.500 à 5.000 DA le kilogramme selon la qualité et la provenance. Ils expliquent que cette récolte, effectuée en septembre et octobre, donne un miel sombre et corsé, idéal pour la saison froide.
Selon Aziz, vendeur de Laghouat : «Le miel d’automne est vraiment unique, avec une saveur plus intense et une texture riche. C’est le fruit de plusieurs mois de travail acharné. Nous récoltons ce miel principalement à la fin de l’automne lorsqu’il est à son apogée. Ce miel est très apprécié pour ses propriétés énergétiques, parfait pour l’hiver».
L’élevage des abeilles et la récolte du miel d’automne nécessitent une attention particulière. Fethi, apiculteur des montagnes de Tlemcen, témoigne : «La récolte d’automne est délicate. Les fleurs tardives comme le caroubier et l’euphorbe ne fleurissent que quelques semaines. Si les conditions climatiques ne sont pas favorables, les abeilles manquent de ressources». Il explique que les variations de température et les pluies imprévues peuvent perturber la collecte de nectar, impactant directement la qualité et la quantité du miel.
Les apiculteurs insistent sur le fait que le miel d’automne n’est pas seulement un délice pour le palais, mais aussi un allié précieux pour la santé. Riches en minéraux et en antioxydants, il est souvent recommandé pour renforcer le système immunitaire pendant l’hiver.
Cependant, derrière la douceur de ce miel se cache une réalité inquiétante : les abeilles, essentielles à la production de miel, sont de plus en plus menacées. Abderrahmane, apiculteur également de Laghouat, s’inquiète :
«Les pesticides utilisés dans les cultures détruisent les fleurs que butinent nos abeilles. Chaque année, je perds plusieurs ruches à cause de ces produits chimiques», s’alarme-t-il.
Face à ces menaces, les apiculteurs appellent à une prise de conscience collective. Ils souhaitent voir émerger des politiques locales favorisant une agriculture plus respectueuse de l’environnement.
Les visiteurs de l’exposition ne cachent pas leur intérêt mêlé d’admiration pour ce miel sombre et aromatique. Nadia, venue spécialement de Mostaganem, partage son enthousiasme : «Je n’avais jamais goûté un miel aussi riche. On sent vraiment la différence par rapport aux miels industriels. Je vais en acheter pour mes enfants, c’est naturel et plein de bienfaits».
L’exposition ne se limite pas à la vente de miel. Elle est aussi un lieu d’échange et de sensibilisation. Les visiteurs découvrent le travail minutieux derrière chaque pot de miel et repartent souvent avec une meilleure compréhension de l’importance de soutenir les producteurs locaux.
Grâce à cette exposition, le miel d’automne trouve une place de choix sur les tables des Oranais tout en rappelant l’importance de protéger la nature et les traditions artisanales.
O. Nadir
