Traitement des migrants subsahariens : L’Algérie face à la désinformation du Figaro

Le Figaro, journal français notoirement connu pour ses positions anti-algériennes, vient de publier une « enquête » pour le moins dire suspecte, se contentant de proférer mensonges et calomnies tout en évoquant des « rafles brutales et inhumaines de migrants subsahariens » par les autorités algériennes.
Une narration descriptive spectaculairement fictive, reprise en boucle par les médias xénophobes français, mais qui s’effrite face à un examen rigoureux des faits et des cadres juridiques encadrant ces opérations.
La méthodologie douteuse du Figaro : des sources fantômes et des chiffres tronqués. L’« enquête » du quotidien, détenu par la famille Dassault, repose sur deux piliers fragiles : Xavier Driencourt, ex-ambassadeur français présenté comme « expert », dont l’anti-algérianisme est amplement documenté. Il affirme avoir vu « trente cars à la file avec 80 migrants chacun », soit 2 400 expulsions simultanées, un chiffre fantaisiste, du reste jamais vérifié sur le terrain. Le Figaro cite aussi un certain Daoud Imoulayen, présenté comme « ex-rédacteur en chef d’un site algérien », mais totalement inconnu des cercles journalistiques algériens. Aucune trace de ses travaux ou du média qu’il aurait dirigé ne sont visibles sur le Net.
Pourtant, les données réelles contredisent les mensonges du Figaro : le Niger reconnaît 6 000 arrivées en avril 2025 via Assamaka (non pas 16 000 en deux mois comme avancé) et souligne que ces flux incluent des retours volontaires coordonnés avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).
Autre transgression des règles déontologiques les plus élémentaires commise : le cadre légal lié aux accords internationaux est délibérément ignoré. Le quotidien omet systématiquement de mentionner les fondements juridiques des opérations dont notamment l’accord signé en 2014 entre l’Algérie et le Niger, lié au cadre bilatéral de réadmission des ressortissants nigériens en situation irrégulière et prévoyant des transferts contrôlés sous supervision conjointe. Le Figaro ignore aussi le partenariat entre l’Algérie et l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) lié au mécanisme de rapatriement humanitaire pour les non-Nigériens, incluant bilans médicaux et aides à la réinsertion. Le journal ignore aussi la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale ratifiée par l’Algérie, encadrant la lutte contre le trafic de migrants. Contrairement aux allégations mensongères de « violations des droits humains », l’OIM et le Haut-commissariat pour les Réfugiés (HCR) opèrent à Assamaka avec l’aval des autorités nigériennes, qui dénoncent non pas les procédures algériennes, mais la surcharge de leurs centres due au financement insuffisant de l’Union européenne.
Agenda politique démasqué
Ainsi, la stratégie éditoriale mensongère de ce titre répond à un agenda politique démasqué. Le Figaro (proche des cercles xénophobes français), cultive une ligne anti-algérienne systématique. A préciser que ce journal perçoit des aides publiques françaises malgré ses campagnes de désinformation ciblant des États souverains. Ce journal commet aussi un traitement différentiel : en observant le silence sur les 31 000 expulsions du Royaume-Uni vers le Rwanda en 2024, tandis que l’Algérie est diabolisée pour des opérations pourtant conformes au droit international. Ces attaques surviennent après le soutien français à l’annexion marocaine du Sahara occidental, où l’Algérie incarne une résistance gênante aux impérialistes de tous bords. À Agadez, le chef de mission de l’OIM, Giovanni Cassani, contredit radicalement le récit mensonger du Figaro : « Les flux augmentent depuis l’abrogation par le Niger de la loi criminalisant le trafic de migrants en 2023. L’Algérie applique des accords de réadmission, mais l’UE ne fournit pas les fonds nécessaires pour gérer l’afflux. »
Les migrants interrogés par InfoMigrants confirment : les passeurs les abandonnent dans le désert sans eau ni vivres, un fait attribué à tort aux autorités algériennes. Les centres de l’OIM à Assamaka sont sous-équipés, mais par manque de coopération européenne, non pas par négligence algérienne. Il y a ainsi un double standard avec l’indignation sélective du Figaro qui ignore que la France a expulsé 137.730 personnes en 2023 via des OQTF, dont un tiers de Maghrébins, selon un rapport parlementaire français.
Bruno Retailleau, ministre français de l’Intérieur, plaide pour des centres de rétention allant à des détentions jusqu’à 210 jours, une durée qualifiée de « torture psychologique » par Amnesty International. L’Algérie n’est pas un « État bourreau » comme le peint vulgairement le Figaro, mais un pays qui fait face au phénomène migratoire international exacerbé par la déstabilisation du Sahel par les anciennes puissances coloniales, les accords européens externalisant les contrôles migratoires et le sous-financement chronique des dispositifs humanitaires de l’ONU.
G. Salima
