Traversée clandestine mortelle :Dix ans de prison pour les organisateurs
Sept personnes, dont une femme, ont comparu récemment devant le tribunal criminel d’appel d’Oran pour répondre de faits liés à l’émigration clandestine. A l’issue des délibérations, des peines de dix ans de réclusion et de trois ans de prison ferme ont été prononcées à leur encontre, à l’exception d’un prévenu, jugé en liberté, qui a été acquitté. Ces sanctions confirment les décisions rendues en première instance.
L’affaire remonte au 22 décembre 2021, lorsque deux femmes ont été secourues lors d’une tentative d’émigration clandestine ayant viré au drame. Trois corps de jeunes hommes avaient alors été retrouvés sur une plage rocheuse à Arzew, tandis que onze autres personnes étaient portées disparues.
L’enquête menée par la Gendarmerie a permis de remonter jusqu’à Z. Chouaib, originaire de Jijel, identifié comme l’un des organisateurs de l’opération. Ce dernier aurait proposé à de jeunes Jijéliens de rejoindre l’Espagne clandestinement, moyennant des sommes allant de 80 à 100 millions de centimes.
Les investigations ont également abouti à l’arrestation de B.Z. Zaki, D.T. Mustapha et S. Mohamed Nabil, soupçonnés d’avoir orchestré la traversée de 17 personnes, mettant ainsi leur vie en danger. L’enquête a désigné Z. Chouaib et M. Assia comme les cerveaux du réseau.
Lors de leur audition, les mis en cause ont reconnu avoir rencontré les candidats à l’exil, tout en niant les avoir aidés à quitter le pays. Cependant, des éléments de preuve et certains témoignages les ont accablés.
Devant le juge d’instruction, Chouaib a tenté de minimiser son implication, affirmant qu’il était chauffeur poids lourd à Jijel et qu’il utilisait occasionnellement le véhicule de son épouse pour transporter clandestinement des personnes, admettant avoir conduit des jeunes de Jijel à Oran, point de départ du voyage tragique vers l’Espagne. La femme impliquée a, pour sa part, expliqué avoir hébergé certains candidats à l’émigration, tout en assurant qu’elle ignorait leurs intentions.
A la barre, les prévenus ont maintenu leur version, niant toute participation à l’organisation de l’opération. Toutefois, les témoignages de survivants et de proches de victimes les ont lourdement chargés. Le parquet a requis la peine maximale, soulignant la gravité des faits et leur responsabilité dans la mort de plusieurs personnes. La défense, de son côté, a plaidé la non-culpabilité, insistant sur l’absence de preuves matérielles irréfutables.
Zemmouri L.
