Ce que j’en pense : SILENCE !!!
Le silence est dehors.
Si l’humanité nous faisait le plaisir de fermer son clapet pour un moment multiplié à l’infini, on pourrait enfin profiter de la diversité de langues que nous offre la nature. Un échange entre oiseaux, le tumulte d’une cascade, le ressac des vagues, le battement imperceptible d’ailes d’un papillon, la chute fantasmagorique de flocons de neige ou le crépitement magistral d’une pluie à l’aube d’une nouvelle humanité. Enfin toutes ces conneries que peut nous servir Ushuaia quand on regarde la chaine au seuil d’un ennui mortifère.
Le silence est d’or.
Lorsqu’il est la meilleure réponse que l’on puisse faire à un sot bavard. Parce que la bêtise est braillarde. Elle est de plomb et de malentendus ; de regrets et de mensonges. Elle est capable d’altérer le cours de l’Histoire en créant des histoires inutiles et on n’est jamais plus heureux que lorsqu’on décide de ne pas l’ouvrir. Fermer sa gueule a deux avantages, celui d’empêcher les mouches de squatter le gosier et d’éviter aux incongruités orales de corrompre les cordes vocales ou comme le dit le proverbe espagnol : « Silence bien gardé, vaut mieux que parole mal lâchée ».Le verbe devient inutile du moment que le silence est l’éloquence du sage.
Le silence, il dort.
Parce que le Verbe, tout haut, veille. Tout présent, tout puissant, remplaçant la réflexion et chassant le doute. Le sage doute au contraire de l’ignorant qui affirme. Le silence, il dort lorsque le bruit parle de tout et de rien. Surtout de rien, quand il faut écouter des silences lourds de sens. Alors entre parler maintenant ou se taire à jamais, le choix cornélien ne se pose même pas en termes de mots ou de signes, mais confère au must philosophique de la vie et de la mort. Alors, discourir du silence en ces temps de bravades inutiles équivaut à marcher sur des braises ardentes en souliers de sécurité tant l’exercice n’a rien de prenant ni de probant. En fin de compte, je préfère me taire et c’est mieux !
>> Par Moncef Wafi