Oran : Kamel Daoud condamné à trois ans de prison ferme

Le tribunal de Felaoucène à Oran a rendu mardi un jugement par contumace condamnant l’écrivain Kamel Daoud à trois ans de prison ferme et à une amende de cinq millions de dinars.

Cette décision intervient à la suite de la plainte déposée par Saâda Arban, qui accuse l’auteur d’avoir exploité des éléments de sa vie personnelle dans son dernier roman Houris, récompensé par le prix Goncourt en France en 2024.
La plaignante affirme que Daoud s’est inspiré de données sensibles liées à son dossier médical, obtenues par l’intermédiaire de son épouse, psychiatre au service de neurologie d’Oran, également poursuivie pour violation du secret professionnel. Elle estime que l’ouvrage reproduit des épisodes de son vécu durant les années de terrorisme, période au cours de laquelle elle a perdu plusieurs membres de sa famille.
Cette affaire, qui avait déjà suscité une vive polémique en France lors de la sortie du roman, relance le débat sur les frontières entre création littéraire et respect de la vie privée.
L’écrivain franco-algérien a indiqué, pour sa part, qu’il a été condamné « en application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale », dans un message publié sur le réseau social X.
Daoud est en outre visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis par l’Algérie en mai 2025. Le roman fait également l’objet d’une procédure devant la justice française pour non-respect de la vie privée.
G. Salima

Bouton retour en haut de la page