Ce que j’en pense : Sansal, le nouveau Bendaoud
Par Moncef Wafi
« Un Arabe est un Arabe, même s’il s’appelle le colonel Bendaoud ». Dans notre cas de figure, l’Arabe possède un nom, n’en déplaise à Camus et à ses groupies, et s’appelle Sansal.
Boualem n’est plus. Il vient d’être guillotiné debout par la toute puissante machine médiatique française, celle qui tête aux mamelles du racisme et du sionisme. Boualem n’est plus le symbole de la résistance. Boualem n’est plus le chantre de la liberté. Boualem n’est plus la légende autoproclamée de la prison de Koléa. Boualem est juste redevenu un numéro d’écrou de Cayenne. Un Algérien suspect, un OQTF en sursis, un délit de faciès, une erreur génétique, un profil à bannir et à oublier.
Profitant de son intronisation à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, Sansal a fait ce qu’il sait mieux faire : trahir. Il a trahi l’Algérie pour la France, Gallimard pour Grasset, la France pour la Belgique ou un ailleurs. « C’est pas possible. Je ne vais pas maintenant me battre avec des Don Quichotte contre les moulins. (…) La France, pour moi, c’est fini. Il me reste quelques mois à tirer dans ce pays. Puis, je me tire », a-t-il déclaré dans un français à irriter un Robert. Courroucé à l’extrême (droite), il s’est confié sur son avenir. « J’ai quelques années à vivre, tranquille. Je vais aller, je ne sais pas où. Chez les Belges, s’ils veulent de moi, ou ailleurs ».
Dans son esprit embué, il a déjà écrit son prochain roman : « Sansal Chez les Belges », le pays de Tintin le woke, le royaume des mains coupées, enfin au Congo pas à Bruxelles. Maintenant, il faut connaître les intentions du Roi : voudra-t-il d’une girouette comme Boualem qui a, selon certaines indiscrétions, affirmé que l’Alsace-Lorraine serait allemande. Si la Belgique lui ferme ses portes, il ira « ailleurs », c’est lui qui le dit. Cet « ailleurs » porte surement une kippa et passe son temps à massacrer les populations civiles en Iran, au Yémen, à Ghaza et au Liban. Un pays de charognards qui l’accueillera certainement comme il a célébré tous les Arabes de service, ceux qui parlent la langue du Coran et prient baphomet.
La chute de Boualem n’a rien d’une surprise, elle n’est que la conséquence d’un renoncement à sa peau de naissance. Mais l’écrivain peut se consoler, lui qui a enfin le statut d’immortel dans l’Histoire, son nom bien en évidence aux côtés de Judas Iscariote, de Brutus, de Laval et des nouveaux bachaghas de la plume.