Darmanin attendu demain à Alger: Est-ce la fin de l’immunité des fugitifs algériens en France ?

La visite annoncée du ministre français de l’Intérieur et garde des Sceaux, Gérald Darmanin, demain lundi à Alger, est présentée par Paris comme une étape importante pour la coopération judiciaire et la liberté de la presse, notamment autour du cas du journaliste français Christophe Gleizes, condamné en Algérie à sept ans de prison pour apologie du terrorisme.

Mais du point de vue algérien, cette rencontre met en lumière un autre dossier sensible : celui des fugitifs algériens condamnés qui vivent en France sous protection, malgré des jugements définitifs prononcés par la justice algérienne.
Parmi ces figures, on retrouve Amir DZ, influenceur controversé poursuivi pour diffamation et incitation à la haine, Ferhat Meheni, leader du mouvement séparatiste MAK classé terroriste en Algérie, ou encore des anciens responsables impliqués dans des affaires de corruption comme Abdelghani Bouchouareb, ex-ministre de l’Industrie, et Abdou Semmar, journaliste condamné pour escroquerie et diffamation. Tous ont trouvé refuge en France, échappant à l’exécution des peines prononcées par les juridictions algériennes.
Pour Alger, cette situation illustre une coopération judiciaire déséquilibrée : la France insiste sur le cas Gleizes, mais refuse d’extrader ou de juger des individus recherchés par l’Algérie. Les autorités algériennes rappellent que la crédibilité de cette coopération repose sur la réciprocité et le respect mutuel des décisions de justice.
La rencontre entre Darmanin et son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, devrait aborder ces dossiers sensibles, en plus des thématiques liées à la criminalité organisée, au narcotrafic et à la lutte contre le terrorisme. Alger attend des engagements clairs de Paris pour que la coopération judiciaire ne soit pas à sens unique.
Ce déplacement intervient après plusieurs signaux de réchauffement diplomatique, notamment la visite de la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo. Mais pour l’Algérie, la véritable mesure de ce rapprochement sera la capacité de la France à répondre à ses demandes concernant les fugitifs protégés sur son sol.
G. Salima

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