Sahrara occidental: Le Maroc enchaîne les revers

Décidément, les revers se multiplient pour le Maroc qui occupe le Sahara occidental depuis un demi-siècle. Le dernier en date est lié au récent rapport du Conseil de sécurité qui entérine l’échec de la stratégie marocaine d’une fausse normalisation économique et diplomatique.

La fermeté onusienne pour un référendum reste intacte. Les actions judiciaires contre les compagnies aériennes Transavia et Ryanair, couplées aux mobilisations culturelles comme FiSahara, révèlent une résistance sahraouie qui s’appuie sur le droit international.
Dans son rapport annuel qu’il vient d’adopter, le Conseil de sécurité de l’ONU a réaffirmé solennellement que la résolution du conflit du Sahara occidental passe impérativement par le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Ce document, adopté à l’unanimité, définit des paramètres clairs : une solution politique «juste, durable et mutuellement acceptable» entre Rabat et le Front Polisario, garantissant l’autodétermination. Une décision qui sonne comme une désillusion pour le Maroc, dont le plan d’autonomie est écarté au profit du cadre onusien historique et qui renforce la position de l’Algérie dans ce dossier.
Le deuxième revers pour le Maroc est constitué d’une cascade de soutiens internationaux à l’autodétermination. Dans une tribune au Washington Times du 28 mai 2025, John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a exhorté les États-Unis à revenir à leur position de 1991 : «La solution évidente est de demander aux Sahraouis s’ils acceptent l’indépendance. Le Maroc a entravé les efforts de l’ONU dès l’adoption de la résolution 690, craignant un choix pour l’indépendance». Bolton a dénoncé un reniement marocain des accords de Houston de 1997, où Rabat avait pourtant accepté un référendum. Son plaidoyer s’inscrit dans un contexte de pressions croissantes au Congrès américain, où des élus réclament des visites dans les camps de réfugiés sahraouis pour constater la situation.
Le Maroc a essuyé un autre revers : l’actualité concernant la pêche illégale au Sahara occidental, territoire occupé par le Maroc, est marquée par des décisions judiciaires européennes qui remettent en question la légalité des accords de pêche passés entre l’UE et le Maroc.

Tourisme colonial

Face à ces échecs, le Maroc a choisi de miser sur le «tourisme colonial». La compagnie française Transavia (filiale d’Air France-KLM) a annoncé le 15 mai 2025 l’ouverture de 14 nouvelles lignes vers le Maroc, incluant Dakhla, faussement présentée comme «une ville marocaine». Cette décision a déclenché des appels au boycott et des accusations de «tourisme colonial». Salim Djellab, élu français, a dénoncé une violation du droit international : «Le Sahara occidental n’est pas le Maroc. Transavia participe à la normalisation de l’occupation et ignore les décisions de la Cour de justice de l’UE». Le Front Polisario a annoncé son intention de porter plainte contre Transavia devant la Cour de justice de l’UE, rappelant que les accords commerciaux UE-Maroc ne s’appliquent pas au Sahara occidental. Ryanair, déjà honteusement opératrice à Dakhla, est aussi accusée par l’Observatoire sahraoui des ressources naturelles d’être au cœur d’un «scandale juridique, moral et économique», avec des vols quasi vides malgré les promesses marocaines.
Autre manœuvre du Maroc : le festival FiSahara, organisé dans les camps de réfugiés, a dénoncé le tournage du film «The Odyssey» de Christopher Nolan à Dakhla : «Dakhla n’est pas qu’un beau décor. C’est une ville occupée et militarisée, dont la population autochtone est réprimée». Le Dakhla Film Festival, soutenu par le Maroc, promeut une fausse image «marocanisée» du territoire. Son édition 2025, financée par l’Office National Marocain du Tourisme, contraste avec la contre-narrative sahraouie portée par FiSahara, qui forme des cinéastes réfugiés à raconter leur propre histoire. Le Front Polisario, représenté par Sidi Omar, a exigé un référendum supervisé par l’ONU.
La balle est désormais dans le camp de la communauté internationale pour faire appliquer des résolutions qu’elle a elle-même adoptées.
G. Salima

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