Emigration clandestine et trafic de stupéfiants 1: 2 ans de réclusion pour un accusé en appel
Le tribunal criminel d’appel d’Oran a confirmé le verdict de première instance à l’encontre de M. Mohamed, condamné à 12 ans de réclusion criminelle.
Les faits remontent au 7 mars 2023, lorsque les éléments de la sûreté de wilaya d’Oran exploitent des informations concernant des suspects qui s’adonnaient, en bande organisée, au trafic de stupéfiants et à l’organisation de hargas depuis le quartier des Planteurs.
L’enquête a mené à la localisation et à la perquisition des domiciles des mis en cause. Chez le premier, les policiers ont saisi 740 comprimés d’ecstasy, un flacon de produit anesthésiant, une balance de précision présentant des résidus de poudre blanche suspecte, ainsi que 305.000 dinars. Un fusil de chasse sous-marine et une épée ont également été découverts. La fouille du domicile de M. Mourad a permis de mettre la main sur trois comprimés d’ecstasy, quatre autres de prégabaline et une bombe lacrymogène. Enfin, chez M. Zerrouki, les enquêteurs ont mis au jour un pistolet automatique et sept cartouches.
Lors des interrogatoires, le principal accusé est passé aux aveux, reconnaissant activer dans le trafic de psychotropes depuis trois ans. Il a affirmé collaborer avec Ch. Mustapha et M. Mourad, touchant entre 20 000 et 40 000 dinars par transaction. Selon ses premières déclarations, la marchandise leur était expédiée par voie maritime depuis l’Espagne par un certain M. Med Amine. Ce dernier, actuellement en fuite, ferait office de passeur : il convoyait des candidats à l’exil vers les côtes espagnoles et rentrait en Algérie les soutes chargées de psychotropes.
Le prévenu a également balancé un autre complice, un dénommé « Zoheir El Chelfi », qui lui fournissait la drogue ainsi qu’un carnet répertoriant les clients à livrer. Si les autres mis en cause ont tenté de nier leur implication, les preuves matérielles les ont rapidement confondus.
À la barre du tribunal criminel, le principal suspect a légèrement varié dans ses déclarations, maintenant qu’il roulait pour le compte d’« El Chelfi », mais réfutant cette fois le fait que les psychotropes transitaient par les embarcations servant au transport des harragas. Il a néanmoins concédé que chaque membre du réseau avait un rôle bien défini.
Confronté hier à la cour d’appel, l’accusé a finalement nié l’ensemble des charges retenues contre lui. Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public a requis une aggravation de la peine, réclamant 15 ans de réclusion criminelle, tandis que la défense a plaidé l’acquittement.
Zemmouri L.
