Migration, criminalité, sécurité… : Le menu de Sayoud à Paris

Le ministre algérien de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, est arrivé hier lundi à Paris, accueilli à l’aéroport de Roissy par son homologue français, Laurent Nuñez. Cette visite s’inscrit dans la continuité du déplacement effectué par le ministre français en Algérie les 16 et 17 février 2026.
Selon un communiqué du ministère français, cette rencontre vise à « restaurer avec l’Algérie un dialogue efficace, respectueux de l’intérêt national de chacun ». Le président Emmanuel Macron a exprimé le souhait de voir cette dynamique contribuer à un réchauffement durable des relations entre les deux pays.
Le cas du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie, sera abordé lors des discussions, comme l’a confirmé Laurent Nuñez sur France Inter. Pour l’heure, aucune annonce n’a été faite concernant une éventuelle rencontre entre Saïd Sayoud et le président français Emmanuel Macron.
Les thématiques officiellement au menu lundi sont la sécurité et la lutte contre la criminalité organisée ainsi que les questions migratoires et de sécurité civile. Le ministre français de l’Intérieur a, à ce titre, assuré que la coopération reprenait efficacement sur l’immigration, après avoir annoncé courant mai que les expulsions d’Algériens en situation irrégulière avaient désormais recommencé vers leur pays.
Le ministre avait précisé que l’Algérie avait délivré quelque 140 laissez-passer consulaires, document qui autorise le retour sur son territoire de ses ressortissants. « Il s’agit maintenant d’augmenter le nombre de laisser passer obtenus, les reconduites vers l’Algérie », a déclaré M. Nuñez. « Les choses se sont réenclenchées, il faut maintenant monter en puissance. »
Cette visite intervient dans un contexte de rapprochement progressif après plusieurs années de tensions. La crise avait éclaté à l’été 2024 lorsque Paris avait soutenu un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental, poussant Alger à rappeler son ambassadeur. Les relations s’étaient encore détériorées avec l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal en novembre 2024, avant sa grâce présidentielle en novembre 2025.
Depuis, plusieurs gestes ont marqué une volonté de rétablir le dialogue : la visite de Laurent Nuñez en février 2026, suivie en mai par celle du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, venu à Alger pour relancer la coopération judiciaire et évoquer notamment le cas Gleizes.
G. Salima