Affaire Legacy Luxury Hotel: La réponse du ministère du Tourisme

Une vidéo, quelques heures de réseaux sociaux, et une licence d’exploitation envolée. La séquence, filmée lors d’une soirée organisée par l’agence Skytok à l’intérieur du Legacy Luxury Hotel, à Hydra, dans les hauteurs d’Alger, avait déclenché une vague d’indignation dès le 5 juin : on y voyait le drapeau national posé à même le sol devant l’entrée de l’établissement, exposant l’emblème au piétinement constant des invités.
La mesure de fermeture a été annoncée le samedi 6 juin dans un communiqué officiel signé par la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi. Dès la diffusion des images, la ministre a dépêché sur place une commission d’enquête conduite par l’inspecteur général du ministère et la directrice du tourisme et de l’artisanat de la wilaya d’Alger. Au terme de l’examen des conclusions, la décision est tombée sans appel : fermeture immédiate de l’établissement et retrait définitif de son autorisation d’exploitation.
La direction de l’hôtel, qui compte 126 chambres, avait pourtant réagi dès le vendredi en publiant un communiqué niant toute profanation intentionnelle de l’emblème national au sein de son établissement. Cette mise au point n’a pas infléchi la décision ministérielle.
Au-delà de la sanction administrative, les faits relèvent d’un arsenal juridique particulièrement sévère. L’article 160 bis du Code pénal, introduit par la loi de 1982, punit de cinq à dix ans d’emprisonnement quiconque profane publiquement et volontairement l’emblème national. Les réformes ultérieures du Code pénal ont renforcé ce dispositif, criminalisant notamment l’outrage au drapeau national et à l’hymne par tout moyen, y compris les réseaux sociaux.
Pour rappel, en 2010, lors d’une affaire retentissante survenue à Annaba après une déchirure et un remplacement du drapeau national par le tricolore français, dix-huit individus avaient été condamnés à des peines allant de deux à huit ans de prison ferme, assorties d’une amende d’un million de dinars chacun, pour atteinte à l’emblème national.
Au-delà du cas de cet hôtel, le ministère a profité de l’occasion pour adresser un avertissement clair à l’ensemble de la profession hôtelière, réaffirmant dans son communiqué qu’aucun comportement susceptible de porter atteinte aux symboles de l’État ne sera toléré, sous peine de l’application immédiate des procédures légales en vigueur.
L’affaire reste ouverte sur le plan judiciaire. Les poursuites pénales éventuelles à l’encontre des organisateurs de l’événement – l’agence Skytok – et des responsables de l’établissement n’ont pas encore été annoncées pour le moment. T. Feriel

Bouton retour en haut de la page