SADA 2026: L’Algérie en vitrine du business africain

La 4e édition du Salon africain des affaires (SADA 2026) se tient du 6 au 8 juin à Alger, réunissant des délégations venues de plus de 25 pays africains — une plateforme qui suscite, chez les participants, une volonté affichée de transformer les ambitions continentales en partenariats concrets.
En marge de l’événement, plusieurs opérateurs économiques ont exprimé leur détermination à intensifier la coopération intra-africaine et à tirer parti des ressources et incitations disponibles sur le continent. Pour eux, le salon représente une fenêtre d’opportunités pour valoriser leurs produits, dénicher des partenaires et réduire les coûts d’approvisionnement mutuels.
Parmi les entreprises algériennes exposantes, Bejaïa Liège, filiale du Groupe Génie Rural relevant du ministère de l’Agriculture, mise sur le SADA pour s’ouvrir aux marchés africains. Son PDG, Yahia Aït Ouali, a rappelé que l’entreprise, spécialisée dans la fabrication de plaques de liège isolantes multi-usages — isolation acoustique, thermique, revêtements de sol et de murs — dispose déjà d’une présence sur plusieurs marchés européens, dont l’Espagne, l’Italie, la Belgique et la Russie, avec une expansion prochaine vers le Portugal. L’Afrique constitue la prochaine étape naturelle, dans le cadre de la stratégie nationale de diversification des exportations hors hydrocarbures.
Même démarche du côté de Chopa Kids, confiseur basé à Sétif. Son représentant, Mohamed Akram Bouabdallah, a fait état de négociations préliminaires engagées lors du salon avec des entreprises venues de Tunisie, d’Égypte, du Gabon et de Côte d’Ivoire, signe d’un intérêt concret pour les produits algériens sur le continent.
La voix institutionnelle du continent s’est également fait entendre. La secrétaire générale chargée de l’Entrepreneuriat et des PME de la République démocratique du Congo — pays invité d’honneur de cette édition, présent avec 14 entreprises industrielles et de services —, Mme Zady Rukiya Ramazani, a insisté sur les conditions désormais réunies pour dynamiser les échanges, à commencer par la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Un contexte porteur, que les chiffres viennent confirmer. Selon un rapport publié en mars 2026 par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), les échanges commerciaux intra-africains devraient progresser de 10 % en 2026 pour atteindre 230 milliards de dollars, contre 210 milliards en 2025, portés notamment par l’entrée en vigueur du système panafricain de règlement des paiements et la levée progressive des barrières non tarifaires. Un potentiel encore largement sous-exploité : le commerce entre pays africains ne représente que 15 % de l’ensemble des échanges du continent avec le monde, contre plus de 60 % pour l’Union européenne.
Placée sous le thème « Relier l’innovation et la production aux marchés africains », cette édition a réuni 51 entreprises algériennes et de nombreux opérateurs économiques venus de différents horizons du continent. La journée du dimanche a notamment été marquée par la tenue d’ateliers B2B réunissant ministères, entreprises et organismes économiques autour des leviers concrets de promotion des échanges africains.
Le ministre du Commerce extérieur, Kamel Rezig, qui a présidé l’ouverture du salon, a rappelé que l’Algérie considère le développement du commerce intra-africain, l’investissement productif et la création de chaînes de valeur régionales comme des leviers essentiels pour soutenir la croissance économique du continent.
Ch.G
