Organisation de voyages clandestins : 18 membres d’un réseau condamnés

Le tribunal criminel de première instance d’Oran a prononcé des peines allant de 18 mois à 3 ans de prison ferme à l’encontre de 18 individus, membres d’un réseau structuré d’émigration clandestine et de blanchiment d’argent, tandis que six autres prévenus ont bénéficié d’un acquittement.
L’affaire remonte au 28 avril 2024, suite à un rapport transmis aux services de lutte contre la traite des êtres humains de la sûreté de wilaya d’Oran par les autorités sécuritaires espagnoles. Le document signalait l’existence d’une filière internationale organisant le passage de ressortissants marocains vers l’Europe. Le mode opératoire était bien rodé : les candidats prenaient d’abord un vol régulier depuis le Maroc vers Tunis, avant de traverser la frontière algérienne pour être pris en charge jusqu’au littoral oranais, point de départ des traversées clandestines.
Les investigations ont rapidement permis de cartographier l’organisation, co-dirigée par des passeurs algériens et marocains. Interpellé à Maghnia, le dénommé G.M.A. a reconnu les faits, expliquant que son rôle consistait à recruter les candidats et à les mettre en contact avec les chefs du réseau, une fois les ressortissants marocains hébergés clandestinement dans la région en attendant le signal du départ. Ses aveux et l’analyse de ses communications téléphoniques ont mis les enquêteurs sur la piste de neuf complices, dont les nommés B.M., et A.B., alias « Slita ». Un autre rouage clé, M.S., a avoué avoir acheminé plusieurs groupes de Marocains vers les plages de Bousfer, Cap Blanc et Aïn El Kerma, sous les ordres directs d’un ressortissant marocain, R.Y., qui pilotait les opérations depuis l’Espagne.
Sur les 37 suspects identifiés par la sûreté de wilaya, 22 ont finalement été traduits devant la justice. Lors de l’instruction, la majorité d’entre eux avait admis leur implication dans ce trafic, précisant que les tarifs des traversées oscillaient entre 40 000 et 60 000 dinars par candidat.
Changement de posture à la barre : les accusés ont tenté de se disculper en se rejetant mutuellement la faute, affirmant n’être eux-mêmes que de simples « harragas » et non des organisateurs. Une ligne de défense balayée par les preuves matérielles et la précision des renseignements initiaux.
Face à la gravité des chefs d’accusation, le ministère public a requis la peine maximale contre l’ensemble des prévenus.
Zemmouri. L

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