Attaque terroriste à Niamey : Alger condamne et exprime sa solidarité

L’Algérie a exprimé jeudi « sa profonde indignation et sa ferme condamnation » après l’attaque terroriste qui a visé l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, au Niger. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a dénoncé une agression « odieuse » qui a coûté la vie à treize personnes, dont onze militaires et deux civils, et fait quatre blessés.

Survenue tôt dans la matinée du 18 juin 2026, l’attaque a été menée par un groupe armé arrivé à bord de taxis et d’un bus. Les assaillants ont ouvert le feu sur les forces de sécurité et tenté de pénétrer dans l’aérogare. La riposte des Forces de défense et de sécurité nigériennes a permis de neutraliser vingt‑deux terroristes et d’interpeller une vingtaine de suspects, évitant un bilan plus lourd. Le trafic aérien a été perturbé mais l’aéroport a été sécurisé et rouvert dans la journée.
Cette attaque rappelle celle de janvier 2026 contre la même infrastructure, revendiquée par l’État islamique au Grand Sahara. Survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, elle a visé la base aérienne 101, adjacente à l’aéroport international de Niamey, où sont entreposées plus de 1 000 tonnes métriques d’uranium yellowcake extrait par la Somaïr, coentreprise entre l’État nigérien et le géant français Orano. Alors que ce dernier revendique la pleine propriété de ce stock en vertu des contrats historiques, Niamey a nationalisé la mine en juin 2025 et expulsé Orano.
Le plan d’exportation initial via le Bénin s’est effondré à la suite de la tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon le 7 décembre 2025. Avec le Bénin fermé comme corridor de transit, l’attention s’est déplacée vers une possible route Burkina Faso–Togo, qui reste incertaine sur le plan opérationnel et diplomatique. En juin 2026, le stock est donc toujours immobilisé sur le tarmac de la Base 101.
Les conclusions de l’enquête nigérienne menée après l’attaque de janvier avaient mis en lumière des éléments sensibles. Les assaillants cherchaient à s’emparer de stocks d’uranium présents dans la zone aéroportuaire. L’enquête avait également établi la présence d’étrangers parmi les assaillants, dont plusieurs ressortissants français identifiés dans le groupe. Cette donnée avait suscité une vive inquiétude quant aux ramifications transnationales de la menace terroriste et à l’implication de réseaux opérant au‑delà des frontières du Sahel. Après l’attaque de ce jeudi, le ministère nigérien de la Défense a qualifié les assaillants de « mercenaires armés à la solde de la France ».
L’Algérie, qui suit de près l’évolution sécuritaire dans la région, a réaffirmé sa pleine solidarité avec le peuple et le gouvernement nigériens, ainsi que son soutien aux autorités dans leur lutte contre le terrorisme. Le communiqué souligne également l’engagement d’Alger en faveur du renforcement de la coopération bilatérale et régionale pour faire face à une menace transnationale qui pèse sur la paix et la stabilité de l’espace sahélo‑saharien.
G. Salima

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