Ce que j’en pense: A table !!!
>> Par Moncef Wafi
Les saisies de viande avariée et de produits alimentaires périmés sont devenues monnaie courante depuis quelques années, trahissant le peu de scrupules de certains commerçants prêts à intoxiquer la planète pour quelques dinars de plus. Chaque jour apporte son lot de mauvaises surprises démasquées par les agents de contrôle et les descentes des uniformes. Entre un flagrant manque d’hygiène des locaux commerciaux, des denrées dont la provenance est suspecte et des aliments dépassés de trois siècles, la table est mise pour un déjeuner peu ragoutant. Il n’y a qu’à voir les images publiées sur les réseaux sociaux pour avoir un haut le cœur et l’envie d’expulser ses boyaux. Des images qui vous agressent, vous faisant regretter de manger en dehors de la cuisine familiale. Mais voilà, les gens n’ont d’autres alternatives que de faire confiance, même petitement, à des commerces pas au-dessus de tous soupçons. On achète un sandwich en priant que la viande est fraîche ; qu’elle n’a pas braie ; que le cuistot ne s’est pas curé le nez avant de servir et que le boulanger n’a pas utilisé un four amianté pour cuire le pain. Après longue réflexion, vous avez le choix entre une gastro-entérite, une intoxication mortelle ou jeuner en attendant de rentrer chez vous.
Si la sensibilisation a peu d’emprise sur la voracité de certains, l’appareil répressif devrait largement les ramener à la raison. Seulement voilà, ces pseudo-commerçants n’ont plus peur de la loi, préférant investir dans l’illicite et l’illégalité pour contourner la réglementation. Que de fois, les gens ont eu la désagréable surprise de tomber sur des carcasses de baudets. Les sentiments s’entremêlent alors, se brouillent entre une envie pressante de dégobiller et le froid sentiment d’une envie de meurtre. La suspicion est de mise et tous les bouchers du coin deviennent de potentiels complice de tels fraudeurs. On se remémore les rares fois qu’on a mangé de la viande rouge, ces derniers mois, et on s’imagine une côte d’âne dans son assiette à la partager avec sa petite famille. Pendant ce temps, ces égorgeurs de baudets mangent dans des restaurants gastronomiques et s’achètent des filets de beefsteak chez des boucheries où ils ne mettront jamais les pieds en tant que fournisseurs.
Alors de grâce messieurs les contrôleurs ; s’il te plaît madame la justice ; la prochaine qu’un de ces voyous se fait prendre, celui qui vend la viande d’âne ou qui cuisine dans des toilettes publiques, ne les envoyez pas à l’ombre, ne leur donnez pas d’amendes et ne leur retirez pas leurs registres de commerce. Contentez vous juste de convier leurs familles, en commençant par les grands-parents en descendant l’arbre généalogiques jusqu’aux petits, faites les assoir autour de la table et servez leur le menu qu’ils proposent au reste de l’humanité.
>> Par Moncef Wafi