Ce que j’en pense: Acte de foi
L’Algérien est-il un citoyen soluble dans ses tracas quotidiens ? La question mérite d’être posée puisque le concept même de citoyenneté reste désespérément flou dans le dictionnaire de cet Algérien qui pense qu’il doit courir, lorsqu’il traverse dans les clous, pour ne pas aller nourrir les statistiques des accidents de la circulation. A trop ignorer ses droits et à chercher obstinément à dénigrer ses devoirs, l’Algérien s’inscrit dans une logique schizophrénique, partagé entre deux parallèles plus éloignée l’une de l’autre que la vitesse entre un Mig-31 et un pigeon parisien.
L’équation, considérée comme telle, paraît insoluble particulièrement dans une perspective manichéenne qui veut qu’on ait forcément raison ou tort, à fortiori lorsqu’une troisième voie n’est pas proposée en option. Pourtant, il serait simple, en théorie, de remédier à certains travers qui ne demandent pas un investissement quinquennal des pouvoirs publics, mais qui répondent simplement à une prise de conscience citoyenne. En théorie seulement, car il faut croire que les mauvaises habitudes ont la peau plus dure que le béton armé et la dent plus longue que le bras d’un arriviste.
En effet, les exemples se bousculent pour illustrer ces scènes qui convoquent l’irrationalité portée au rang de la normalité. Ne serait-ce qu’évoquer la propreté de la ville, on touche du doigt cette réelle dichotomie qui plonge l’Algérien dans le doute existentiel. Tout le monde s’accorde à critiquer l’administration communale d’une ville quand ses propres gestionnaires ne répondent pas aux cahiers de charges imposés. Le ramassage des ordures en est un parfait modèle puisqu’il est flagrant à la première fausse note. La partition se grippe et la ville se drape de crasse. Néanmoins, si les gestionnaires communaux ont leur part de responsabilité, la faute incombe aussi aux citoyens adeptes du lancer d’ordures chez le voisin, dans la rue ou sur les terrasses de la République. Pourvu que ce soit aussi loin de son regard et du nez de sa famille. Cet égoïsme inné, presque atavique, reste le plus grand défaut dans la muraille citoyenne qui préfère cacher ses ordures sous un trottoir que de balayer devant sa porte.
>> Par Moncef Wafi