Vente directe, investissement, modernisation et formation: L’Algérie veut se réconcilier avec sa pêche

L’Algérie, avec son vaste littoral méditerranéen et son potentiel aquatique, cherche à maximiser l’exploitation durable de ses ressources marines tout en répondant aux besoins alimentaires nationaux. Pour ce faire, le gouvernement a mis en place diverses initiatives visant à promouvoir la pêche, l’aquaculture et la transformation des produits de la mer.

Plusieurs actions ont été entreprises par le gouvernement dans ce domaine, notamment la création de plateformes numériques pour les investisseurs et professionnels de la pêche, l’inauguration de nouvelles infrastructures portuaires, la formation des professionnels de la pêche, la maîtrise des entrants aquacoles, et bien plus encore. Ces efforts visent à renforcer l’industrie de la pêche, à accroître la production de poissons et de fruits de mer, à créer des emplois, et à contribuer à la sécurité alimentaire du pays. Dans ce cadre, des projets ont été réalisés et d’autres sont en cours dans différentes wilayas. Les projets déjà réalisés ont permis des avancées significatives dans la construction navale, l’augmentation des capacités productives ainsi que la valorisation des ressources halieutiques. L’Algérie s’efforce de devenir un acteur majeur de la pêche en Méditerranée et de garantir l’accès aux produits de la mer de qualité à sa population. Le secteur de la pêche et de l’aquaculture en Algérie connaît actuellement des développements majeurs, avec une série d’initiatives visant à moderniser et à renforcer cette industrie essentielle. Le ministre de la Pêche et des Productions halieutiques, Ahmed Bidani, a récemment annoncé plusieurs mesures clés lors de ses visites de travail à Jijel, Tlemcen, Oran et d’autres régions du pays.

Commercialisation directe

L’une des initiatives majeures est le lancement imminent d’une opération de commercialisation directe des produits de la pêche et de l’aquaculture. Cette opération vise à fournir des produits de la mer frais à des prix imbattables aux citoyens, en facilitant la vente directe du pêcheur au consommateur. Cette approche raccourcit la chaîne d’approvisionnement, éliminant ainsi les intermédiaires et leurs marges bénéficiaires. En conséquence, les pêcheurs et les aquaculteurs peuvent tirer un meilleur revenu de leur travail, ce qui stimule l’activité économique dans ce secteur. Par ailleurs, en favorisant la vente directe, cette opération peut contribuer à la traçabilité des produits de la mer, garantissant ainsi la qualité et la fraîcheur des produits pour les consommateurs. Les acheteurs auront la possibilité de connaître l’origine des produits qu’ils achètent. L’opération de commercialisation directe des produits de la pêche et de l’aquaculture s’inscrit dans une démarche visant à promouvoir la santé publique, à stimuler l’économie locale et à renforcer la confiance des consommateurs. Elle représente également un exemple concret des efforts du gouvernement pour répondre aux besoins de sa population et soutenir le secteur de la pêche dans le pays.

Investissements et modernisation des ports

Une série d’initiatives visant à moderniser les ports de pêche du pays témoigne de son engagement à soutenir l’industrie halieutique et à créer des opportunités durables pour les pêcheurs. Plusieurs opérations de modernisation sont lancées à travers les ports de pêche que compte le pays, la dernière en date est l’opération de désenvasement du bassin portuaire du port de Boudis à Jijel. Cette opération a permis de retirer les sédiments et les débris accumulés au fond du bassin, améliorant considérablement la fluidité des mouvements des navires de pêche. En effet, un port bien entretenu est essentiel pour garantir un accès sûr et efficace aux zones de pêche, ce qui, à son tour, permet aux pêcheurs d’optimiser leurs opérations en toute sécurité. En outre, une avancée majeure dans la modernisation de la flotte de pêche algérienne a été réalisée grâce à l’ajout de nouveaux sardiniers de 14 mètres de long. Ces navires modernes et plus grands sont équipés pour affronter les défis de la pêche en haute mer, ce qui augmente la capacité de capture tout en contribuant à la durabilité de l’industrie. Ces investissements dans les infrastructures portuaires et la modernisation de la flotte de pêche sont au cœur de la stratégie du gouvernement pour le développement durable du secteur de la pêche en Algérie. Ils visent à renforcer la rentabilité économique de l’industrie tout en préservant les ressources marines à long terme. Une flotte moderne et des ports bien entretenus contribuent également à une efficacité opérationnelle accrue, ce qui peut se traduire par des coûts réduits et une meilleure compétitivité sur le marché.

Formation et reconnaissance des compétences

Une autre mesure importante annoncée est la création de commissions de wilaya chargées de délivrer des attestations de validation des acquis de l’expérience professionnelle aux personnes travaillant dans le secteur de la pêche. Ces attestations reconnaîtront et valideront l’expérience acquise sur le terrain, ouvrant ainsi la voie à divers avantages pour les travailleurs de la mer. Tout d’abord, la création de ces commissions de wilaya témoigne de la volonté des pouvoirs publics de valoriser l’expérience acquise par les professionnels de la pêche sur le terrain. Cela signifie que les pêcheurs, les réparateurs de bateaux, les spécialistes du ramendage de filets et d’autres acteurs du secteur auront désormais la possibilité de faire reconnaître leur expertise de manière officielle. Cette reconnaissance contribuera à améliorer leur statut professionnel et à leur ouvrir de nouvelles opportunités. En reconnaissant et en enregistrant l’expérience professionnelle des travailleurs de la mer, les autorités peuvent mieux cibler les besoins en formation et en développement du secteur. Cela contribue également à renforcer la confiance des investisseurs et des consommateurs dans la qualité des produits de la mer, car ils seront produits par des professionnels reconnus et compétents.

Numérisation et modernisation

Le secteur de la pêche en Algérie s’oriente également vers la numérisation avec le lancement de plateformes numériques pour faciliter les interactions entre les investisseurs et les professionnels du secteur. Ces plateformes visent à renforcer la collaboration entre les acteurs de la pêche et à promouvoir des événements clés tels que le Salon international de la pêche et de l’aquaculture « SIPA 2024 ». Tout d’abord, les plateformes numériques créées dans le cadre de cette initiative constituent un moyen efficace de faciliter les interactions entre les investisseurs et les professionnels du secteur. Ces plateformes permettent aux acteurs de la pêche de partager des informations essentielles, de discuter de projets potentiels et de collaborer plus étroitement. Cela peut favoriser la création de partenariats solides et encourager les investissements dans le secteur, ce qui est très important pour son développement continu. De plus, ces plateformes numériques sont conçues pour promouvoir la transparence et la traçabilité dans le secteur. Elles offrent un espace où les données sur la pêche, la production et la distribution peuvent être enregistrées et partagées de manière efficace. Cela permet de suivre plus précisément l’origine des produits de la mer, de garantir leur qualité et de renforcer la confiance des consommateurs.

Les efforts commencent par payer

Les résultats de cette stratégie et des efforts déployés dans le secteur sont déjà palpables. Une hausse remarquable de la production halieutique a été enregistrée cette année. La production de poisson réalisée durant les premiers mois de l’année en cours dans la wilaya d’Ain Témouchent à titre d’exemple a été qualifiée d’exceptionnelle par les professionnels du secteur. Cette croissance importante signale ainsi une évolution prometteuse dans le secteur de la pêche. Selon les informations fournies par Houari Gouissem, directeur de la pêche et de l’aquaculture, la région a enregistré une production de 4 547 tonnes de produits de la mer au cours du premier semestre de 2023, marquant une augmentation significative de 1.191 tonnes par rapport à la même période en 2022. Cette abondance de la production s’est répercutée sur les prix qui ont significativement baissé depuis la seconde quinzaine du mois de juin dernier. En effet, les prix des poissons bleus, en particulier ceux de la sardine, ont considérablement baissé dans de nombreux marchés à travers le pays, selon des sources multiples réunies par l’Agence de presse algérienne (APS). Cette baisse des prix est le fruit d’une abondance de la production dans plusieurs ports, principalement dans les wilayas de l’Ouest de l’Algérie, ce qui a eu un impact positif sur les prix des différentes espèces de poissons bleus, en particulier la sardine et le bogue, qui sont très prisés par toutes les catégories de la société, y compris celles à faibles revenus, ont déclaré les acteurs du secteur de la pêche. Les prix de la sardine varient entre 400 et 600 dinars par kilogramme dans la wilaya d’Oran, entre 200 et 350 dinars le kilo à Mostaganem, entre 300 et 500 dinars à Chlef, entre 300 et 400 dinars à Boumerdès, et entre 250 et 450 dinars à Jijel. Rappelons dans ce même cadre d’idées que le prix de la sardine a atteint il y a quelques années le prix de 1000 dinars et ne baissait jamais sous le seuil des 800 dinars.
B. Bakhta

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