Face à la flambée des prix des produits carnés: Le gouvernement autorise l’importation de viandes

Les prix des viandes en Algérie continuent de grimper, avec une attention particulière portée sur le poulet, la principale source de protéines pour la majorité des Algériens. Malgré les mesures précédentes prises par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour contrôler cette chaîne d’approvisionnement des marchés en viandes blanches et rouges, la hausse des prix persiste depuis des mois dans tout le pays.

Au cours d’une visite effectuée ce dimanche dans les marchés du centre-ville d’Oran, notamment le marché des Aurès (ex La Bastille), les marchés de Miramar, Gambetta, et Haï Yaghmoracen (ex Saint Pierre), il a été constaté que le prix du poulet oscille entre 530 et 550 dinars le kilogramme et les prix des viandes blanches dépassent les 2000 dinars le kilo, représentant une lourde charge financière pour de nombreux ménages. Face à cette situation préoccupante, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a décidé de prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre la flambée des prix de la viande.
Dans un communiqué du département de Mohamed Abdelhafid Henni, rendu public hier, la tutelle a annoncé qu’il autorise l’importation de viande de poulet et de bœuf congelé, en plus de la viande rouge, pour contribuer à réduire les prix élevés.
La même source précise que les demandes d’autorisations sanitaires pour l’importation de viande blanche peuvent être déposées via le portail de services électroniques du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, accessible à l’adresse https: // psl.madr.gov.dz, du 10 au 20 septembre 2023. De plus, ces dossiers doivent être accompagnés d’un programme annuel à venir, conformément aux exigences du ministère, selon les explications de la même source. Cette décision marque une étape importante dans la lutte contre la hausse des prix des produits alimentaires en Algérie. En plus de l’importation de viande de poulet et de bœuf congelée, le ministère a également annoncé qu’il autorise également l’importation de viande rouge, y compris du bœuf frais, congelé et emballé sous vide, ainsi que de la viande d’agneau frais, réfrigéré et congelé. Le ministère de l’Agriculture a entrepris cette une mesure pour faire face à la montée en flèche des prix de la viande de poulet et de bœuf dans le pays, et ce, dans une tentative de soulager les consommateurs et de stabiliser le marché. La hausse constante des prix de la viande au cours des derniers mois a pesé lourdement sur les ménages, affectant leur budget alimentaire. Cette décision vise à atténuer cette pression économique en augmentant l’offre de viande sur le marché, ce qui, en théorie, devrait faire baisser les prix.

Une décision favorablement accueillie

Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a expliqué que l’importation de viande de poulet et de bœuf congelée serait temporaire, avec une réglementation stricte pour garantir la qualité et la sécurité alimentaire. Cette décision intervient après que de nombreux consommateurs se soient plaints de l’augmentation persistante des prix de la viande sur le marché. Le même département ministériel a indiqué qu’il travaillerait en étroite collaboration avec les autorités sanitaires pour s’assurer que les importations répondent aux normes de sécurité alimentaire et de qualité exigées par la législation nationale.
Des inspections rigoureuses seront appliquées aux points d’entrée pour garantir que les produits importés ne présentent aucun risque pour la santé publique. Les consommateurs accueillent favorablement la décision, espérant voir une réduction substantielle des prix de la viande dans les prochains mois. Cependant, certains éleveurs locaux et agriculteurs expriment des préoccupations quant à l’impact potentiel sur leur activité. Ils craignent que l’importation de viande étrangère ne fasse concurrence à la production nationale, mettant ainsi en danger leur activité.
Le gouvernement est conscient de ces préoccupations et a assuré qu’il surveillerait de près la situation. Il s’engage également à soutenir les producteurs locaux pour garantir leur compétitivité sur le marché. Il est important de noter que cette mesure n’est qu’une solution à court terme pour atténuer la pression sur les prix de la viande. Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural prévoit également de travailler sur des initiatives à plus long terme pour renforcer la sécurité alimentaire et la durabilité de la production de viande nationale. Notons que l’autorisation de l’importation de viande de poulet et de bœuf congelée est une réponse appropriée pour contrer la flambée des prix qui touche actuellement le pays.
Cette décision vise à soulager les consommateurs et à stabiliser le marché tout en garantissant que les normes de sécurité alimentaire et de qualité sont respectées. Elle accompagne l’engagement du gouvernement à soutenir les producteurs locaux pour assurer leur viabilité à long terme.

Envolée des prix des légumes et inaccessibilité des fruits

Alors que le gouvernement cherche à atténuer la hausse des prix des viandes en autorisant l’importation de viande de poulet, de bœuf et de mouton, il est important de noter que la crise des prix ne se limite pas aux produits carnés. Cette flambée des prix affecte également tous les produits de première nécessité, en particulier les légumes, créant ainsi une pression financière considérable sur les ménages. Lors d’une visite récente dans les marchés de la ville d’Oran, il a été constaté que les prix des légumes ont également connu une augmentation significative. Par exemple, la pomme de terre, un aliment de base pour de nombreuses familles, est affichée ces jours-ci à 80 dinars le kilogramme, alors que son prix ne dépassait pas les 60 DA. Les prix des tomates varient entre 100 et 150 dinars selon la qualité, tandis que les aubergines et les poivrons sont vendus à 180 dinars le kilogramme. Les haricots verts, une source précieuse de protéines végétales, sont vendus à 400 dinars le kilogramme. La carotte est cédé à 140 DA alors que d’habitude, elle ne dépasse jamais les 70, 80 DA en pareille période. Même les prix des herbes aromatiques telles que le persil, la coriandre et le céleri ont augmenté. Le paquet bien rempli de ces herbes, autrefois vendu à 50 dinars, se vend désormais à 80 dinars. Les fruits, qui sont généralement abordables en été, connaissent également une hausse de prix.
Cette flambée des prix des produits alimentaires de base a eu un impact significatif sur les budgets daes Algériens. Pour attirer les clients, certains marchands, comme ceux du marché des Aurès, ont même opté pour une pratique controversée en affichant les prix au demi-kilogramme au lieu du kilogramme.
Cette tactique a suscité des critiques de la part des consommateurs qui estiment qu’il s’agit d’une « petite arnaque ». Un père de famille, âgé d’une cinquantaine d’années a expliqué qu’il avait été trompé en achetant des pêches affichées à 300 dinars le demi-kilogramme, mais le marchand lui a réclamé 600 dinars pour le kilogramme, en lui demandant de bien lire le prix affiché. Cette expérience l’a incité à être plus vigilant dans la lecture des étiquettes de prix sur tous les produits, dira-t-il.
La flambée des prix, qu’elle touche la viande, les légumes ou les fruits, reste un défi majeur pour le gouvernement qui cherche des moyens de stabiliser l’économie et de protéger le pouvoir d’achat des citoyens. En plus de l’importation de viande, le gouvernement devra continuer à explorer des solutions à long terme pour relever ces défis alimentaires et économiques persistants. Les consommateurs espèrent que des mesures efficaces seront mises en place pour atténuer l’impact de cette hausse des prix sur leur quotidien.

B. Bakhta

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