Ce que j’en pense: Non assistance à peuple en danger
Plus de 2.600 morts, autant de blessés sinon davantage, 300.000 sinistrés, le bilan du séisme qui a frappé le Maroc est terrible. La réaction internationale a été exemplaire en attendant que Rabat donne son feu vert aux opérations de secours. L’Algérie qui a réagi instantanément proposant son aide expérimentée en la matière et ouvrant spontanément son espace aérien aux vols humanitaires en direction du Maroc est dans la même situation que tous les autres pays désireux d’aider. Pourtant, Mohammed 6 n’a pas daigné pour le moment accepter ces offres, se contentant d’ouvrir les portes de son pays au Qatar, aux Emirats-arabes Unis, à l’Espagne et à l’Angleterre. Quatre monarchies, pas réellement comme la sienne, mais des monarchies quand même. Où est donc le message ?
Pendant ce temps, les images d’une innommable détresse font le tour de la Toile. Des rescapés du tremblement de terre, des sinistrés de l’arrière-arrière Royaume qui crient leur désarroi devant la démission des autorités. Affamés, livrés à eux-mêmes, dans l’interdiction d’enterrer leurs morts sous peine de poursuites judiciaires, ils dénoncent, livides, les yeux plein de ressentiments, cette deuxième mort. Un courage qu’ils peuvent regretter, plus tard, puisque la critique dans ce pays se paye. Et lourdement. Des images circulent également, montrant la croix de David aux bras de quelques secouristes. Rien d’étonnant ni de choquant lorsqu’on sait, aujourd’hui, le degré de vassalité du royaume à l’entité sioniste. Toutefois, et dans cette situation inédite et le refus de Rabat d’accepter les aides internationales sous le couvert fallacieux de la souveraineté nationale alors que tout manque, on est en droit de s’interroger sur les véritables raisons de cette décision.
N’est-il pas du devoir de l’ONU et des autres organisations d’avoir un droit de regard sur les opérations de secours au Maroc ? Faut-il alors accuser Mohammed 6 de non assistance à peuple en danger ? Comment comprendre ce refus si ce n’est par des considérations politiques obsolètes en ces temps de drame.
>> Par Moncef Wafi