Ce que j’en pense: Un certain 11 Septembre
Le 11 Septembre, c’est le jour où les Arabes ont découvert l’Amérique. C’est également le D-Day, le jour où les rangers des GI ont définitivement piétiné le monde musulman. Ce mardi mémorable, des kamikazes prenaient en otage des avions américains pour les faire atterrir sur les terrasses du World Trade Center. Les passeports trouvés, par hasard, indemnes sur un autre site de crash signaient l’origine de ces attentats.
Chaque année, depuis ce 2001, on célèbre cette date comme celle du commencement de la guerre contre le terrorisme islamiste, celui là même que la CIA avait crée sous la férule du frêle Oussama Ben Laden. Bush fils, sous l’emprise des Faucons américains et des armuriers du pays, envahit alors l’Afghanistan et ses Talibans ; fait la peau à Saddam après avoir génocidé son peuple et nationalisé les puits de pétrole du Golfe. Dociles, les Européens sont obligés de suivre la logique guerrière des Américains qui frappent avant de discuter.
Plus tard, et alors qu’Al Qaïda ne faisait plus recette, les laboratoires yankees, en étroite collaboration avec le Mossad, inventait l’arme suprême. Daech remplaçait dans le paysage de l’horreur l’Organisation du milliardaire saoudien. Différemment des cibles de son prédécesseur, Daech s’en prend exclusivement aux Musulmans et aux Arabes. Ils allument le feu chez nous, en Tunisie, en Lybie, ouvrant grande la porte à l’agression otanienne contre la Syrie tout en préservant les intérêts de ses commanditaires.
Le 11 Septembre c’est aussi une marque déposée, une franchise de la pleurniche et un trésor de scénarios pour les studios hollywoodiens. Les héros sont Américains, pompiers, soldats, espions, bref tout ce qui peut contribuer à la réussite du merchandising. Il est également le parfait alibi pour uriner sur le reste du Monde qui ne partage pas les idées faussement démocratiques et républicaines de l’Oncle Sam.
Le 11 Septembre, c’est l’anniversaire de nos remords et depuis on n’arrête pas d’expier nos fautes et de présenter nos plus plates excuses, allongés sur le sol, prêts à servir de paillasson à nos maîtres américains. Parce que ce jour, une lueur d’espoir a traversé nos mornes regards et un soupçon de courage nous a soulevé de notre miteux canapé. En voyant ces avions s’écraser contre ces murs de verres, on a cru un instant que l’ordre établi venait d’être renversé. Un instant seulement puisque on s’était vite rendu compte que le scénario était écrit par d’autres et que, comme dans les navets de Golan-Globus, on n’était que les éternels figurants d’un blockbuster planétaire.
>> Par Moncef Wafi