Emigration clandestine : Des harragas, dont des Marocains, condamnés
Le tribunal criminel de première instance de la cour d’Oran a prononcé une peine de trois ans de prison ferme à l’encontre des six principaux mis en cause dans une affaire d’émigration clandestine.
Les faits remontent au 20 janvier 2024, lorsque la gendarmerie et les garde-côtes d’Arzew ont repéré une embarcation rapide au large de la plage de Djenane Karoum. Apercevant les forces de l’ordre, le pilote a ordonné aux passagers de sauter à l’eau. Malgré leur tentative de dissimulation après avoir regagné le rivage, 12 personnes, dont quatre mineurs et trois ressortissants marocains, ont été rapidement interceptées.
Lors des auditions, une passagère, Ch. S., a révélé avoir versé 145 millions de centimes et 1 419 euros à l’organisateur, un ami de son mari, pour assurer la traversée avec ses deux enfants. Elle a précisé avoir d’abord été hébergée dans une maison à Arzew, puis dissimulée dans une grotte près du point d’embarquement. De leur côté, les trois Marocains ont déclaré être entrés en Algérie via la Tunisie avant d’être pris en charge à Oran par un compatriote. L’accord prévoyait le paiement du voyage après leur arrivée en Espagne. La fouille du bateau a permis de saisir le téléphone portable de l’organisateur, un moteur Yamaha et trois jerricans de carburant.
À la barre, les prévenus ont réfuté toute participation à l’organisation du réseau, se présentant comme de simples candidats à l’émigration. Soulignant la gravité de ces traversées clandestines qui se soldent souvent par des drames humains, le ministère public avait requis 15 ans de réclusion criminelle.
Zemmouri L.
