Après les pyromanes : La mort pour les bourreaux d’enfants

Après 33 ans de moratoire de fait, l’Algérie s’apprête à réintroduire l’exécution de la peine de mort, mais dans un périmètre volontairement resserré à deux catégories de crimes.

Réuni dimanche en Conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a arrêté le contenu exact des amendements attendus au Code pénal : l’exécution de la peine capitale ne s’appliquera qu’aux auteurs et commanditaires d’incendies volontaires d’une part, et aux ravisseurs de mineurs ainsi qu’aux auteurs de sévices sur mineurs d’autre part, comprendre les pédophiles.
Le chef de l’État a explicitement borné le champ de la réforme, en demandant que les amendements se limitent, au-delà de ses orientations précédentes, à ces deux seuls cas de figure. La formulation confirme et précise l’instruction donnée une semaine plus tôt au ministre de la Justice, dans la foulée des incendies meurtriers qui ont frappé fin août l’Est du pays et la Kabylie, cinq jours après ces feux qui avaient touché l’Est et le centre du pays, notamment la wilaya de Jijel. Le moratoire de fait sur la peine capitale est appliqué en Algérie depuis 1993, la sanction ayant continué d’être prononcée par les tribunaux sans jamais être mise à exécution depuis plus de trois décennies.
Le calendrier fixé par la présidence est serré : le président a demandé au ministre de la Justice de modifier le Code pénal avant le 15 septembre afin de permettre le rétablissement effectif de la sanction contre les auteurs d’incendies volontaires. Cette échéance suppose une révision expresse du texte avant sa présentation au gouvernement, puis son passage devant l’Assemblée populaire nationale. Sur le fond, la peine de mort demeure d’ores et déjà prévue par le droit pénal algérien pour plusieurs infractions parmi les plus graves, telles que la trahison, certains actes terroristes, l’assassinat aggravé ou le sabotage, mais les juridictions n’en ordonnaient plus l’exécution.
La décision présidentielle s’inscrit directement dans le prolongement du drame de fin août. Le bilan officiel communiqué par le ministère de l’Intérieur avait fait état de douze morts pour la seule vague d’incendies d’août, portant à dix-huit le nombre de décès liés aux feux de forêt depuis le début de l’été, un bilan qualifié d’acte criminel par le président de la République.
G. Salima

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