Pouvoir d’achat, salaires, investissements… : Les mots fort d’Abdelmajid Tebboune

Dans une entrevue accordée aux représentants de la presse nationale, diffusée avant-hier samedi sur la Télévision et la Radio nationales, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune est longuement revenu sur les questions d’actualité touchant le pays, que ce soit le développement global, la place de l’Algérie dans le monde, les indemnisations au profit des victimes des incendies de la fin du mois d’août, l’expertise de l’élite algérienne établie à l’étranger, ou encore la question du pouvoir d’achat.
En ce qui concerne ce dernier point, le président de la République continuera, de manière inlassable, à tout œuvrer pour le préserver, soulignant, à ce propos, que l’économie algérienne repose sur des bases solides lui permettant de réaliser de bons niveaux de croissance.
Toujours en ce qui concerne le volet social, l’engagement présidentiel quant à revaloriser les salaires à l’horizon 2027 a été réitéré par Abdelmajid Tebboune. Le président de la République soulignera à ce propos que les augmentations prévues seront inscrites au titre du budget de l’année prochaine.
« Je me suis engagé à concrétiser les 53 % restants des augmentations des salaires, et je réitère cet engagement », a-t-il déclaré, précisant que, si les conditions le permettaient, ces augmentations seraient appliquées en une seule tranche ou en deux tranches dans le cas contraire.
Le pouvoir d’achat et la lutte contre la spéculation illicite constituent une priorité, le citoyen étant au cœur du développement, a ainsi assuré le président de la République.
Abdelmajid Tebboune a aussi affirmé qu’un « PIB de 400 milliards de dollars est envisageable à la fin de 2026 ou au cours du premier trimestre de 2027, et il est même possible de dépasser ce chiffre, comme le confirme le Fonds monétaire international ».
Cette perspective s’explique, dira-t-il, « par la dynamique de l’investissement, qui se concrétise à travers des milliers de projets à l’échelle nationale ainsi que par la valorisation du potentiel de plusieurs secteurs », soulignant également que le taux de croissance réalisé par l’économie nationale était supérieur à celui enregistré dans certains pays européens et méditerranéens.
Cette dynamique ne vient pas de nulle part, mais précisément, explique le président de la République, du « fruit du rétablissement de la confiance des investisseurs dans l’économie nationale, grâce au climat d’investissement et aux mesures incitatives mises en place par l’Etat dans ce domaine », avant d’insister sur « la nécessité de renforcer les capacités et de tirer parti de ces avantages de manière rationnelle ».
Dans le même contexte, on apprendra par le président de la République la signature, dans les prochains jours, d’un décret permettant d’organiser le guichet unique, et ce afin « d’identifier le projet d’investissement et ses besoins en matière de foncier » et parvenir, de facto, « à un équilibre dans la répartition des projets entre les wilayas ».
Le travail en cours, ajoute Abdelmajid Tebboune, permettra « de garantir un revenu annuel stable » en devises d’au moins 50 milliards de dollars, grâce à l’industrie automobile, aux mines, à l’intégration du fer dans l’industrie nationale et à l’intégration des puces électroniques dans la fabrication locale des équipements électriques et électroménagers.
Tout en rappelant que le pays continuait à œuvrer pour l’augmentation de ses recettes hors hydrocarbures, le président de la République a assuré que les hydrocarbures conserveront leur importance, notamment à la lumière de la poursuite des opérations de prospection et d’exploration pétrolières et des efforts visant à attirer de « grandes » compagnies internationales, arguant que tout le monde, y compris y compris le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), attestent que l’Algérie est « un Etat responsable, à qui l’on ne peut reprocher aucune imprudence sur le marché pétrolier » et que « lorsqu’un consensus se dégage, l’Algérie y adhère afin de contribuer à atténuer l’impact des événements à l’origine des fluctuations du marché pétrolier mondial ».
Lutte contre
la spéculation
Le président de la République a aussi abordé la hausse que certains produits ont enregistré ces derniers temps, expliquant qu’elle était due à la cupidité de certains commerçants, notamment ceux qui bénéficient de subventions, assurant que l’Etat poursuit sa démarche visant à préserver le pouvoir d’achat des citoyens à travers la lutte contre la spéculation, notamment sur les produits subventionnés.
Il a, par ailleurs, relevé que les incendies regrettables ayant touché certaines wilayas du centre et de l’est du pays en juillet dernier avaient contribué à une baisse de la disponibilité de certains produits, mais ne justifiait aucunement, dira-t-il « une hausse des prix de cette manière », notamment au regard du soutien accordé au secteur agricole, que ce soit le raccordement à l’électricité et à l’eau ou la mise à disposition des engrais.
Réitérant son rejet catégorique de la spéculation illicite, le président de la République a révélé que « d’après les premières investigations, la majorité des agriculteurs n’étaient pas à l’origine de la hausse des prix », affirmant que ces pratiques constituent « un crime à l’encontre du peuple et que le Gouvernement y fera face».
Le président de la République a également rappelé que l’Algérie avait déjà connu de tels pratiques par le passé, notamment durant la période de la ‘Issaba’ (bande), avant de mettre en garde de manière claire et nette : « Quiconque porte atteinte au peuple porte atteinte à ma personne».
Projet du phosphate intégré
En outre, il a aussi été question, lors de cette entrevue présidentielle, de l’existence de nombreux opérateurs économiques essayant de contourner la réglementation dans le but d’obtenir des devises dans le cadre « d’opérations d’importation », et cela, bien sûr, au détriment de l’économie nationale. Le président Tebboune a alors assuré que l’Etat restera aux aguets face à ces « pratiques parasitaires » et prendra les mesures légales nécessaires une fois les enquêtes achevées.
Pour ce qui est du tissu industriel national, Abdelmajid Tebboune a évoqué les grands projets structurants qui contribuent à son renforcement, et cela conformément à la forte volonté affichée des pouvoirs publics de diversifier les exportations hors hydrocarbures. Il citera, à ce propos, l’exemple de la rentrée scolaire, qui s’est déroulée sans ambages, avec pour seul appui les fournitures « Made in Algeria », alors qu’il y a à peine quelques années de cela, celles-ci étaient importées.
Il sera aussi question, lors de l’entrevue de samedi dernier, du projet de phosphate intégré, le président de la République ayant mis en avant l’importance des étapes franchies pour la valorisation de cette richesse, avant de rappeler que l’avancement des travaux de réalisation de la ligne ferroviaire liée au projet devraient s’achever « à la fin de l’année au plus tard », avec « la possibilité de gagner un ou deux mois, sachant que les essais techniques s’achèveront fin octobre courant ».
Autre projet abordé, mais dans le cadre, toujours, du projet de phosphate intégré, il s’agit de celui de l’extension du port d’Annaba. Le président de la République a indiqué que les travaux avancent à un rythme permettant de gagner du temps et de livrer le projet à la fin du premier trimestre de 2027, à plus forte raison que la société chinoise entamera, cette semaine, l’installation des équipements et engins destinés à l’exportation du phosphate.
Feriel T
