Flambée des prix des légumineuses: L’État réagit pour stabiliser le marché

À l’approche des saisons froides, les habitudes alimentaires des Algériens changent, passant des repas légers et froids de l’été aux plats chauds, en particulier ceux préparés à base de légumes secs tels que les lentilles, les haricots, les pois chiches, les pois cassés et les fèves. Cependant, cette année, une préoccupation majeure a émergé en raison de la hausse significative des prix de ces produits de large consommation au cours de l’été.

Les lentilles, par exemple, autrefois vendues à moins de 300 dinars le kilo, ont atteint les 400 dinars, suscitant l’inquiétude parmi les citoyens alors que le pouvoir d’achat est déjà mis à rude épreuve par la flambée des prix de nombreux produits de consommation courante. Face à cette situation alarmante, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni, a pris des mesures urgentes pour tenter de stabiliser le marché des légumineuses. Lors de sa dernière déclaration, il a ordonné des mesures « strictes » visant à « inonder » le marché national en légumineuses de manière « urgente » et à des prix « fixes » au niveau national, selon un communiqué du ministère. Ces directives ont été annoncées lors d’une réunion présidée par M. Henni en présence de directeurs de coopératives céréalières et de légumineuses au niveau national (52 coopératives), ainsi que du Secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) et du Directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).
La rencontre avait pour objectif de réguler les préparatifs finaux de la campagne labours-semailles de la saison 2023-2024 et de garantir l’approvisionnement du marché national en légumineuses. À cet égard, le ministre a donné des instructions strictes à tous les directeurs, soulignant la nécessité d’inonder le marché national en légumineuses de manière urgente. Il a également encouragé une coordination étroite entre les directeurs des services agricoles, les services du commerce et les services compétents pour approvisionner tous les acteurs économiques, y compris les industriels, les grossistes et les détaillants, en fixant des prix de référence pour ces produits à travers tous les points de vente. Le ministre a émis ces directives après avoir pris connaissance de l’abondance des légumineuses au niveau de l’OAIC, notamment en ce qui concerne l’exclusivité de l’importation de légumineuses par cet Office. La réunion a également portée sur les dernières instructions à donner concernant l’opération de labours-semailles ainsi que sur l’évaluation des préparatifs en cours sur le terrain, notamment en tenant compte des défis liés aux changements climatiques, à l’augmentation des températures et aux problèmes de stress hydrique dans certaines régions du pays, comme indiqué dans le communiqué.

L’État garantit la stabilité des tarifs

Dans une précédente déclaration à la presse, le ministre de l’Agriculture avait tenu à rassurer les Algériens en affirmant que les prix des légumineuses resteront stables dans les mois à venir. Lors d’une rencontre avec les médias en marge de la Conférence nationale sur le plan de développement et de protection de la filière oléicole, organisée mercredi dernier par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), le ministre a souligné que ces prix étaient fixés par l’État et qu’aucune augmentation n’était prévue. Cette déclaration intervenait suite à la décision du président de la République de restreindre l’importation des légumineuses en dehors de l’OAIC, avec une fixation précise des tarifs. Le ministre a assuré que, conformément aux instructions présidentielles, les prix resteront déterminés par l’État.
S’exprimant sur les fluctuations des prix, le ministre a précisé que la responsabilité de l’augmentation des prix entrants incombe uniquement aux commerçants, et que le ministère s’engage à sensibiliser ces acteurs économiques à cette question. Il a également souligné que les prix des légumineuses en Algérie étaient trois fois moins élevés que sur les marchés européens et africains. Le ministre a révélé que la production nationale de légumineuses, notamment les lentilles et les pois chiches, couvrait 45% des besoins du pays, et que les quantités importées étaient suffisantes pour satisfaire la demande nationale au cours des trois prochains mois.
Pour garantir un meilleur approvisionnement, le ministère s’est concentré sur la distribution de ces produits en ouvrant progressivement des points de vente dans toutes les communes du pays. L’objectif est de permettre la vente directe au consommateur par le biais de l’OAIC. De plus, l’Office fournit ces produits aux détaillants ainsi qu’aux cantines universitaires et scolaires. En vue d’améliorer la distribution, le ministère a également lancé une initiative de numérisation du secteur, permettant de suivre en temps réel la disponibilité des produits dans les points de vente et d’analyser les tendances de consommation.
Et afin de mettre un terme à la spéculation qui a provoqué la hausse des prix due à une pénurie, l’OAIC a publié une note détaillant les prix officiels des légumes secs et du riz dans ses points de vente, destinés aux entreprises, aux grossistes, aux détaillants et aux consommateurs. Cette note, datée du 30 juillet dernier, émanant de la Coopérative des céréales et légumes secs (CCLS) de la wilaya de Msila, a été relayée par l’Organisation de Protection du Consommateur APOCE sur sa page Facebook. Conformément à ce document, les prix officiels et de détail des légumes secs et du riz ont été fixés dans une fourchette allant de 160 à 380 dinars le kilo. Ainsi, le kg de riz est établi à 160 DA pour les consommateurs, tandis que les haricots blancs et les lentilles ne dépassent pas les 280 dinars, le kg. Les pois chiches sont disponibles à 380 dinars.

B. Bakhta

Bouton retour en haut de la page