Ce que j’en pense: L’Afrique, de Kunta Kinte à Toby
« Nous avons besoin d’appauvrir l’Afrique et de l’y maintenir parce que nous avons besoin de leurs matières premières et nous les voulons le moins cher possible ». La phrase n’est pas celle d’un chroniqueur venimeux, antimondialiste primaire qui déteste tout le monde, mais celle de Howard Nicholas, professeur sri-lankais à l’Université Erasmus aux Pays-Bas.
Il a dit tout haut ce que l’Occident manigance tout bas. Selon lui, tout est fait pour maintenir cette Afrique subsaharienne dans son état de pauvreté actuelle. Moquée pour sa démocratie de pacotille et assistée dans son indigence abyssale, cette région du monde n’est pourtant qu’une victime des structures et organisations internationales académiques ainsi que de tous les enseignements économiques conçus pour maintenir les Africains dans leur situation.
Le gars, économiste d’expérience mondiale, qui s’est fait chantre de l’indépendance économique par l’industrialisation, sait de quoi il parle. Ce n’est pas le quidam du coin qui commente les infos crachées par Al Jazeera, un cœur d’Arabe sur la table du café maure, une Rym entre les doigts. Aussi, il met en garde la région du Sahel contre ces bons samaritains blancs, au teint rosâtre d’un porc breton. Ceux qui brandissent les chartes des droits de l’Homme et accourent, un stylo à bille en guise d’armes de destruction massive pour parapher des partenariats qui n’enrichissent que les oligarchies en place. Qu’ils soient Américains, Européens et maintenant Chinois, ils ne veulent qu’une chose : accéder aux richesses du ventre africain à moindre coût.
Pour lui, les Africains ne sont pas des victimes expiatoires, dansant le Moribayassa en attendant d’être pris comme figurants dans la série Racines. Selon Howard Nicholas, la politique volontaire des nouveaux colons est d’empêcher les Africains de s’en sortir par tous les moyens. Guerre civile, dirigeants à la carte, chantage au manioc, argent de poche contre gisements et menace d’intervention militaire si la tête se relève un peu du sol.
Il ne fait aucun doute que si l’Afrique s’éveille et commence à réagir, le niveau de vie de tous ceux qui vivent en Europe, aux USA et en Asie va s’effondrer. Les conséquences sont claires et désastreuses pour ces lointaines populations dont le niveau intellectuel est inférieur à celui d’un hamburger dégoulinant de fromage fondu. Ainsi, au lieu de gérer la perte de poids de leurs bétails humains, ils préfèrent réduire encore un peu plus la portion de mil des Africains.
Et tant qu’il n’y aura pas d’autres alternatives au pétrole, gaz, uranium, or ou au lithium, l’Occident ne permettra jamais que l’Afrique s’émancipe, conclut pessimiste l’économiste.
>> Par Moncef Wafi