Ce que j’en pense: Le nouveau Lord Balfour
Ce qui n’était qu’un secret de polichinelle vient d’être annoncé publiquement par MBS, le véritable roi de l’Arabie saoudite. Sur la chaîne américaine Fox News, il a affirmé que son pays et l’Etat hébreu se « rapprochent » d’une normalisation de leurs relations. Des relations adultérines, si cela se trouve, derrière le dos d’incrédules nationalistes qui croient toujours à la sacralité du désuet concept de l’arabo-arabité. Le royaume wahhabite, qui n’en est plus un depuis longtemps ; mais qui continue toujours à exporter sa doctrine meurtrière en direction des autres pays musulmans, arabes de préférence ; vient d’officialiser son intention de sortir du placard et de rejoindre le harem sioniste.
Cette démarche, encouragée par les bailleurs de fonds des présidentielles américaines, renseigne derechef sur le rôle dévolu à ces monarchies du diable sorties tout droit des entrailles du désert. Maintenant que les choses sont aussi limpides que l’eau Zamzam, quelle sera la réaction du reste du monde musulman, enfin s’il existe toujours. Le point d’interrogation risque de faire mal, très mal même puisqu’il est question de trancher dans le vif et de faire un choix cornélien douloureux.
Va-t-on continuer à financer une monarchie, énième épouse d’Israël, sachant pertinemment que l’argent du pèlerinage contribuera à armer le bras sanguinolent de Tsahal ? Doit-on mettre le Hadj entre parenthèse jusqu’à ce que les choses redeviennent les choses ? Serait-il encore naïf de croire à la libération de la Palestine par les Arabes ? Non, parce qu’Al Qods ne sera jamais décolonisé par ces bavards, juste bons à signer des chèques pour un sourire charmeur ou pour être protégé du méchant loup chiite.
MBS a également indiqué que son pays se doterait de l’arme nucléaire si l’Iran en faisait de même. Vous me direz que le gars fait ce qu’il veut, qu’il a l’argent noir et la bénédiction de ses parapluies et que ce qui se passe là-bas ne nous regarde pas. Soit, mais c’est le raisonnement du prince qui pose problème. Son seul souci est de faire sienne les craintes de ses commanditaires alors que tant que Téhéran n’aura pas construit sa propre Mecque, il ne risque pas de bombarder le premier Lieu Saint de l’Islam. Pourtant, et dans ce désert putride de compromissions, une chose est certaine pour le moment. L’Algérie, malgré toutes les pressions internationales, ne courbera jamais l’échine face à cette normalisation qui avance à grands pas de chameaux.
>> Par Moncef Wafi