Ce que j’en pense: Les fausses démocraties

Non ceci n’est pas une hallucination collective ni un effet spécial des studios Light and magic im, c’est tout simplement la dérive de plus ou de trop d’un pays prétendument républicain, faussement démocrate. En plaçant en garde-à-vue la journaliste d’investigation Ariane Lavrilleux, la France de Macron s’est rendue coupable d’un crime dont elle ne cessait auparavant d’accuser les autres Etats, de préférence sous-développés. Le pays des libertés de l’Homme, enfin de l’homme blanc judéo-chrétien, a confondu la journaliste de Disclose avec le dernier des kaïras, en la mettant à l’ombre pendant quarante heures pour lui faire cracher le morceau. Parce que là-bas, en France, dans mon Amérique à moi ou ailleurs dans ces beaux pays où il fait bon vivre la démocratie à plusieurs leviers, on ne badine pas avec la sécurité intérieure.
Le fameux « Secret de défense nationale », mère de toutes les batailles est cette ligne rouge qu’on ne doit franchir sous aucun prétexte sous peine d’excommunions et de lynchage public. Le seul tort de la journaliste est d’avoir dévoilé les dessous d’une sombre affaire mettant en cause le renseignement français. La mission « Sirli », débutée en février 2016 au profit de l’Égypte au nom de la lutte antiterroriste, avait été détournée par Le Caire qui se servait des informations collectées pour effectuer des frappes aériennes sur des véhicules de contrebandiers présumés, à la frontière égypto-libyenne. L’enquête de Disclose touchait un point sensible de l’Empire, celui de la vente d’armes.
La première préoccupation de l’Elysée est de mettre un nom sur ce Judas, de connaître l’immonde identité de la taupe qui a vendu la mèche. Sa première mission est de traquer le responsables de ces fuites pour faire de lui un exemple à ne pas suivre sinon d’autres courageux délateurs feront de même au nom de cette foutue liberté d’informer. Pour cela, intimider une journaliste est un moindre mal.
Sujet hautement délicat pour ces fausses démocraties qui guerroient contre les régimes totalitaires, brandissant l’étendard des droits-de-l’hommisme, et signant, derrière le dos de leurs Opinions publiques, des contrats de ventes d’armes avec ces mêmes pestiférés. Ne sont tolérés, voire encouragés que les sujets à charge contre des pays à qui ont tourne le dos, idéologiquement, militairement ou par injonctions.
Et lorsqu’on emprisonne une journaliste quelque part, particulièrement dans ces pays donneurs de leçons, toutes les Ariane Lavrilleux s’appellent Julian Assange ou Edward Snowden.

>> Par Moncef Wafi

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