Le P-dg de la filiale ECDE Chlef du groupe Gica à Algérie Presse : « La production locale du ciment est saturée »

Kada Dinar, le P-dg de la filiale ECDE Chlef du groupe Gica, rencontré en marge du salon Batiwest qui se tient à Oran, revient sur la situation et les perspectives du secteur du ciment en Algérie. De nouveaux horizons s’ouvrent pour la filiale en matière de certification et de protection de l’environnement et la conquête de nouveaux marchés àl’international.

Algérie Presse : La production du ciment de la filiale a-t-elle augmenté après la mise en service, cette année, d’une nouvelle ligne de production en parallèle avec de nouvelles certifications ?
Kada Dinar: Nous sommes une cimenterie d’une capacité globale de 4,2 millions de tonnes, après bien sûr la mise en service de la troisième ligne, dotée d’équipements de dernière génération, et qui nous a permis de produire du ciment de haute qualité. Je citerai les gammes de production 32-5N, le 42-5N, le 42-5R et le 52-5N. Et tous ces produits sont certifiés (CE), et sont bien sûr utilisés au niveau local avec une qualité internationale. Ces produits permettent de réaliser des ouvrages conformes aux normes internationales. Donc, nous sommes contraints de produire conformément aux normes européennes (CE). En plus, nous sommes certifiés ISO 9000 en qualité, 45000 en santé et sécurité, 14 000 en environnement. Et de là, la cimenterie est conforme sur tous les plans que ce soit sur un certificat ISO ou un certificat CE.

Quel est l’importance de cette certification ?
C’est ce qui est produit à l’international. L’Algérien, l’entrepreneur, l’opérateur économique, quand il utilise notre ciment, c’est comme s’il utilisait le ciment européen. De ce fait, notre ciment est exportable, donc il peut être utilisé au niveau local ou au niveau international sans peine. Ainsi, tous les ouvrages construits avec notre ciment sont conformes aux normes internationales.

Est-ce qu’il y a de nouveaux investissements qui sont prévus pour peut-être augmenter encore plus la production ?
La production au niveau local est saturée, il faut le reconnaître. Nous avons un surplus de production. Peut-être qu’on produira du ciment pour le consommer dans d’autres domaines d’utilisation, à l’exemple des routes en béton ou autres.

Plusieurs opérateurs insistent sur l’importance de la réduction des coûts et le gain du temps en matière de réalisation de leurs projets. Existe- t-il des types de ciment qui répondent à ces exigences ?
Justement, pour économiser, pour mieux gérer le coût, c’est utiliser le type de ciment qu’il faut. Donc si on revient dans l’historique, en Algérie, on ne connaissait que le type 32-5. Actuellement, il n’est utilisé que pour la maçonnerie. Le 42-5 c’est pour le béton, le 52-5 pour les ouvrages de grande envergure. Le SR5 est, quant à lui, utilisé dans le domaine de l’hydraulique, dans le Sud dont le sol est hautement agressif. L’entrepreneur peut maîtriser son coût en utilisant chaque type de ciment dans le domaine qu’il faut. Le produit phare de cette année est le 42-5R, un ciment rapide. C’est un produit qui permet de gagner beaucoup, beaucoup sur le plan délai. En deux jours, il peut développer une résistance qui dépasse largement les 22 mégas pascaux. Donc les professionnels connaissent ce type de résistance et l’intérêt de cette prise rapide pour gagner du temps. De là, ils pourront respecter le délai de construction ou de réalisation des ouvrages et respecter les cahiers de charge.

Quel est le prochain défi de la cimenterie de Chlef ?
Maintenant, il nous reste le maintien. On doit oeuvrer pour le maintien de la certification. Il faut savoir que la certification ISO n’est pas un certificat obtenu qu’on peut placarder sur un mur. La certification (CE) est soumise, chaque deux mois, au contrôle économique et contre-qualitatif à Paris. La certification ISO est également soumise aux audits réguliers chaque année. Donc, nous devons oeuvrer à maintenir notre processus de fabrication depuis l’extraction à la base de la carrière jusqu’à la production. On doit respecter toutes les exigences pour justement se maintenir sur le marché avec un produit certifié et avec le certificat qu’il faut.

Avec le dispositif pour lutter contre la pollution, on sait que les cimenteries comme toutes autres structures industrielles sont énergivores en matière de consommation électrique. Est-ce qu’il y a des efforts pour minimiser cette facture ?
Je dirais au contraire. Ils sont énergivores, c’est normal, de par toute la capacité, sur le plan quantitatif et c’est important, mais sur le plan coût, il faut savoir que l’énergie ne représente que 20% au maximum du coût total. Nous sommes bien sûr dotés d’équipements qui fait que nous consommons moins d’électricité, je citerai rapidement la troisième ligne avec la nouvelle technologie. Habituellement, sur le plan standard, on consomme 900 kcal par tonne de clinker, nous sommes à 700 kcal, donc vous voyez la différence. C’est une question d’équipement nouveau, de maîtrise et de processus.
Hamza. B

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