Ce que j’en pense: Nager dans la Seine, en octobre !
>> Par Moncef Wafi
De Gaulle, Michel Debré, Roger Frey et Maurice Papon, tous coupables de crime contre l’humanité. Le premier pour avoir ordonné, le deuxième pour avoir exécuté, le troisième pour avoir convoqué et le dernier pour avoir armé. Le 17 Octobre 1961, la chasse aux Algériens de France, sortis manifester pacifiquement contre le couvre-feu sélectif imposé à Paris, est déclarée ouverte. Depuis, que reste-t-il de cette date ?
En Algérie, le 17 Octobre 1961 est l’occasion de se rappeler les bienfaits du colonialisme et l’amour incommensurable que nous portait cette civilisation des lumières. En fait d’occasions, il y en a beaucoup puisqu’on peut citer, sans se tromper, tous les jours que Dieu a fait depuis le premier pas français sur le sable mouillé de Sidi Fredj jusqu’au 5 juillet 1962 et bien au-delà. Mais ça c’est une autre histoire.
Il reste aussi les statistiques des deux côtés de la barrière. Plus de 200 morts pour les Algériens et l’Histoire ; 2 noyés, selon la Préfecture de Paris, parce que le drapeau était rouge et la nage interdite.
En France, le 17 Octobre 1961 est juste un jour ordinaire du calendrier, pris en sandwich entre le 16 et le 18. Pour les repentances, on peut toujours attendre que la Tour Eiffel s’habille des couleurs de la Palestine. L’espoir d’une pleurniche officielle a pourtant été entretenu par les déclarations de Hollande qui avait évoqué alors « une répression sanglante ». Toutefois, Macron a mis la main sur le frein s’obstinant à ne pas demander pardon parce qu’il n’était pas né à l’époque des faits.
Pour eux, il ne s’était rien passé d’aussi dramatique, juste des Algériens, amateurs de nage libre, qui ont pris la Seine pour la baignoire où ils égorgent leurs moutons de l’Aïd. Autrement, les morts déclarés et les disparus de longue durée ne sont que de la propagande du FLN pour salir le costume immaculé de la glorieuse Ve République.
Sinon rien ou si peu. La patrouille a fini par rattraper Maurice Papon tombé pas pour avoir lâché la laisse aux assassins assermentés, mais coupable d’un autre crime plus important, bien sûr aux yeux des Occidentaux. L’ancien Préfet de police avait été condamné en 1998 à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité concernant des actes liés à la déportation des Juifs de la région bordelaise vers le camp de Drancy. A l’époque, l’homme était un collabo de la première heure. Décédé en 2007, Maurice Papon n’a jamais été inquiété à propos du 17 Octobre 1961. Ni aucun autre officiel français d’ailleurs.