Ce que j’en pense: Les mains sales

Par Moncef Wafi

« Dans l’enfer, les places les plus brûlantes sont réservées à ceux qui, en période de crise morale, maintiennent leur neutralité », Dante Alighieri.
« La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté », Elie Wiesel.
A l’aune de ces citations prophétiques, qu’il est assourdissant le silence de nos prétendus intellectuels et penseurs, parfaites carpes muettes devant le génocide en règle du peuple palestinien. Si certaines langues de vipères ont pris acte et fait pour Israël, l’intelligentsia DZ, proclamée et reconnue à ce titre, n’a pas osé se positionner par rapport aux massacres des civils ghazaouites qui durent depuis presque deux semaines.
Aucune déclaration, ni tweet ni post comme s’ils s’étaient éteints, n’avaient jamais existé que dans les presse book de leurs éditeurs et dans les cahiers de charges de leurs commanditaires. Prompts à réagir sur l’actualité nationale, le doigt sur la détente pour tirer à vue sur tout travers sociétal, ils sont portés disparus depuis le 7 octobre dernier.
Ces écrivains d’exportation qui n’ont cessé de défrayer les chroniques en créant les buzz en veux-tu en voilà, ces mêmes gens qui ont craché sur nos coutumes trop tribales à leurs goûts, nos accents trop prononcés à leurs ouïes et nos revendications, dépassées et belliqueuses, ont préféré jouer aux escargots entêtés en ces temps de mortelle crise.
La raison n’est point dans la retenue ou la neutralité, mais dans la crainte de décevoir ceux qui font et défont les carrières et risquer, par une malencontreuse réflexion ou un soutien à peine esquissé, la répudiation. Ils savent pertinemment que s’ils se font prendre pour avoir manifesté une quelconque sympathie pour ces milliers d’hirondelles assassinées, ils ne survivront pas une seule seconde à l’autodafé de leurs forfaitures. Ces gens, pas vertueux pour un œuf, ont choisi la soumission stratégique à l’outrage d’être chassé de l’Olympe, en attendant que les sirènes de Ghaza se taisent à jamais.
Pourtant, tant que la Résistance est debout, la dernière nuit des Palestiniens n’est pas pour l’aube naissant alors que quelque part, dans ce monde de mensonges, des intellectuels occidentaux et des personnages publics de l’art et de la culture, qui ne sont ni arabes ni musulmans, se sont ouvertement prononcés en faveur du droit des Palestiniens à se défendre. Ils ont dénoncé la barbarie sioniste malgré les représailles du monde du show-biz et des compagnes de désinformation des empires médiatiques sous emprise du lobby juif. A ces gens, j’applaudis et aux mains sales de s’ouvrir les veines impures.

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