Ce que j’en pense: Les Arabes sont des gnous, pas des buffles

Les Houthis du Yémen l’ont fait. La Bolivie, la Colombie et le Chili l’ont fait. Le reste attend. Quoi ?
Les Houthis, on peut tout leur reprocher, mais les accuser de lâcheté, non. Les gars ont tout bonnement lancé des missiles de croisière et balistique ainsi que des drones en direction de l’Etat sioniste alors que tout va de travers chez eux. Une première depuis Saddam Hussein qui avait bombardé Israël en 1991 en représailles à la pluie de missiles otaniens qui s’était abattue sur son pays. Au fond, ce n’est que la réponse du berger à la bergère puisque les Israéliens ont participé activement à la coalition arabe menée par la courageuse Arabie saoudite contre les Houthis.
Mais au-delà de la raison intrinsèque, l’action revendiquée et assumée, avec d’autres épisodes à venir malgré les menaces israélo-américaines, trahit le peu de consistance d’une entité pompeusement autoproclamée Nation qui n’en finit plus de baisser et la tête et le pantalon, un pot de vaseline dévissé à la main.
La réaction des pays arabes, en dehors de quelques Etats honorables, ressemble plus au comportement d’un troupeau de gnous devant la mise à mort d’un des leurs par un prédateur. Se rassemblant devant une mare d’eau, ils assistent, impassibles, en continuant à ruminer, au dépeçage d’un membre faible et isolé de la communauté sans lui porter secours. L’analogie est parfaite, et pour ceux qui estiment que c’est une réaction tout à fait naturelle, je les renvoie au comportement des buffles lorsque l’un des leurs est attaqué.
Loin de ces enturbannés du désert et des roitelets d’opérette, la Bolivie a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec l’Etat sioniste pour protester contre le génocide en règle mené contre les Palestiniens. Santiago et Bogota ont, quant à elle, rappelé leurs ambassadeurs à Tel Aviv pour les mêmes raisons. Si l’action est symbolique, elle dénude encore un peu plus la trivialité de beaucoup de capitales arabes, davantage occupée à ne pas offusquer les Américains qu’à porter secours à un peuple en danger d’extermination.
Alors que Ghaza enterre près de 4.000 enfants, le terminal de Raffah reste soumis aux désidératas israéliens. La moindre des réactions, le dernier sursaut d’orgueil et l’ultime soupçon d’honneur voudraient que les pays arabes engagent leurs convois humanitaires de force quitte à se faire bombarder plus loin. Là, on verra jusqu’où ira l’hypocrisie internationale. Imaginez des milliers de camions aux couleurs de la Ligue arabe entrer à Ghaza et briser le blocus imposé depuis 2008, ça serait mémorable ! Au lieu de ça, l’Egypte a envoyé des cargaisons de linceuls aux Ghazouites. Triste est notre sort.

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