Ce que j’en pense: Guère épais

Par Moncef Wafi

Faut-il se taire et détourner le regard pour oublier cette impression d’impuissance qui vous prend à la gorge et la serre un peu plus fort à la vue de ce flot de sang et de ces fleuves de larmes qui se déversent dans les rues dévastées de notre inutile conscience ? La question n’en est plus une lorsque le doigt hésite à cliquer sur le « play » du doute ou à zapper le « mute » de l’indifférence. Ne pas cesser d’évoquer l’horreur en live qui secoue le monde, continuer à croire que notre « virtuelle » souffrance est la réponse à donner à ce faux sentiment de voyeurisme, aident à supporter ces images d’un autre âge, celui des croisades et de leurs lots de Martyrs.
Puis un post sorti de nulle part ; parce que Zuckerberg a promis à Israël de faire le ménage à sa porte ; d’un enfant palestinien de sept ans qui pleure sa mère. Le moment n’est plus à la réflexion ni aux bons élans du vivre ensemble rabâchés par les muets du moment. Alors, on pleure les larmes de son cœur lorsqu’on ne s’appelle pas Kamel ou Boualem – les Barbies brunes de la bonne conscience sioniste – qui chialent à la première mise en scène de la mort de bébés israéliens en plastique devant les caméras d’I24 News, la chaîne de tous les colonels Ben Daoud du monde.
On s’essuie alors les yeux dans l’obscurité de la nuit parce qu’on a l’honnêteté de sa propre impotence bâtarde. Puis on invoque Dieu, celui de Moïse et de Mohamed, qu’il fasse trembler la terre sous les pieds des mécréants de Médine et des autres oasis du désert arabique. Les fils de Sion, dans leur fuite en avant, se battent juste pour se cacher derrière les arbres Gharqad.
Toutefois, ce qui se passe en Palestine aujourd’hui n’est juste que le remake des guerres « saintes » menées par la chrétienté du vieux monde contre l’islam. Trois siècles en arrière à guerroyer au nom de la croix afin de chasser les musulmans de Jérusalem et de Bethleem. Salah Eddine est mort et les fils de Sion sont devenus les nouveaux maîtres de l’Ancien Testament par la grâce de la Perfide Albion et de la lâcheté des Arabes.
Ainsi, et depuis la déclaration Balfour de 1917 et le partage d’un pays en deux en 1947, décidé par l’ONU en dédommagement moral, le dossier palestinien est devenu synonyme de la démission perpétuelle des Arabes face aux appétits sans limites d’un peuple « élu », pourtant condamné à errer sur la terre des hommes. Néanmoins, pour les croisés, l’heure de la revanche avait sonné et Ben Gourian pouvait uriner sur la tombe de Salah Eddine.
Ailleurs ; quand la terre arabe portait encore Boumediène, Hafez Al Assad ou Saddam Hussein ; Kadhafi prévenait que la cause palestinienne était avant tout celle de la survie des pays arabes. Celui que Sarkozy avait assassiné pour ne pas rembourser, avait annoncé que cette cause représentait le dernier rempart contre la folie expansionniste de l’Etat hébreu.
Maintenant que BHL a ramené le suaire sur le visage du Guide et que cette première ligne de défense risque de céder, le projet du Grand Israël peut se mettre en place. Les territoires de la Syrie, de l’Irak, du Liban, de l’Egypte, de la Jordanie, du Koweït, de la Turquie et de l’Arabie Saoudite sont les prochaines cibles d’un délire religieux pyromane.

 

Bouton retour en haut de la page