Cosmétiques bio: Un vent d’innovation souffle sur les ateliers oranais

Dans l’effervescence silencieuse des ateliers oranais de cosmétiques naturels, un nouveau souffle entrepreneurial : des jeunes femmes, diplômées ou en passe de l’être, transforment des huiles de romarin, de lavande ou de figue de Barbarie en crèmes, savons et sérums « made in Ouest algérien ».

Selon le Salon national du jeune artisan, qui s’est tenu récemment à Oran, ces extractrices-cosméticiennes participent à une vraie dynamique de valorisation du terroir végétal local.
L’une d’entre elles, biologiste de formation, explique que son mémoire universitaire sur l’extraction des huiles essentielles lui a ouvert la voie vers la création artisanale : « J’ai appris à extraire par pression à froid ou par distillation… pourquoi ne pas en faire un produit de beauté ici plutôt que de l’importer ? », se demande-t-elle.
A Oran, l’un des salons, CosmeOran, met directement en lumière cette production locale : la deuxième édition prévue pour mai 2026 vise à promouvoir les marques régionales et à encourager la créativité et l’innovation dans le secteur.
Ces entrepreneuses parlent d’ambition mais aussi de combat : absence de soutien logistique, difficultés d’accès aux crédits, emballages coûteux, concurrence des produits importés. Elles insistent sur le fait que leur défi n’est pas seulement commercial mais culturel : « Je veux inculquer aux gens la culture du bio », dit par exemple Chahinez Ghellab, fondatrice de la marque Biochamelle.
La région ouest voit ainsi émerger une communauté innovante qui mêle savoir universitaire et artisanat, cosmétique et patrimoine végétal algérien, et surtout un regard nouveau sur la beauté qui ne s’achète plus uniquement à l’étranger.
Pour ces jeunes femmes, chaque pot de crème, chaque savon bio est un acte de défiance face à l’idée que la valeur viendrait toujours de l’extérieur. Elles prouvent, ici, qu’Oran peut être un terreau de création et d’émancipation.
O.A Nadir

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