Ils demandent à bombarder les hôpitaux de Ghaza: Une médecin algérienne répond aux 100 médecins sionistes
L’expérience d’être médecin s’apparente à un rêve. Nous devenons médecins parce que nous voulons, nous espérons sauver des vies. Notre vocation médicale découle d’un désir profond de prodiguer le bien. Nous consacrons des années à apprendre à diagnostiquer et traiter les patients.
Pour la plupart, l’hôpital est un endroit effrayant, un lieu où la vie peut s’échapper, où chers et proches peuvent nous échapper. Toutefois, pour un médecin c’est l’endroit le plus sûr qui soit, il devient un chez soi où nos collègues deviennent notre famille. C’est là que la magie opère, où des vies sont préservées, malgré les nuits passées à nous rappeler des vies que nous avions perdu, des maux que nous n’avions pas pu guérir et de la peine que nous avions pu causer. L’hôpital reste une sorte de sanctuaire, notre refuge. C’est devenu, comme nous avons pu observer depuis l’attaque israélienne contre Ghaza, le havre des âmes qui ont perdu leurs foyers et fuient les menaces. Même si ces hôpitaux n’ont pas été épargnés, ils incarnent un dernier recours.
Pourtant, cette semaine, nous sommes témoins de l’acte troublant de 100 médecins israéliens rédigeant une lettre au gouvernement israélien, plaidant pour la destruction des hôpitaux de Ghaza. Dans leur missive, ils avancent que « nul endroit n’est sûr pour quiconque confond les hôpitaux avec le terrorisme. Les habitants de Gaza qui ont accepté de transformer l’hôpital en repaire des terroristes et de profiter des valeurs occidentale sont ceux qui ont provoqué leur propre anéantissement, l’éradication du terrorisme ».
« Premièrement, ne pas faire mal », en tant que médecins, nous nous engageons à vivre par ce serment, nous apprenons que les médecins, quels que soient leur origine, leur nationalité ou leur croyance, partagent une même vocation : sauver des vies. Le rêve qui unit tous les praticiens de la médecine, malgré les divergences qui les séparent, est de créer un monde où la santé et la compassion triomphent sur la violence. Qu’au-delà des désaccords politiques et des conflits qui déchirent le monde, il existe un lien qui transcende les frontières, un lien forgé par la volonté de guérir, une connexion humaine, une fraternité médicale. Alors, Comment peut-on inciter à la destruction des hôpitaux, le massacre de médecins et de leurs patients ? Ces médecins, déjà épuisés, manquant cruellement de ressources, vivant dans une anxiété perpétuelle, soucieux pour leurs proches en dehors des murs de l’hôpital et craignant les attaques imminentes.
D’un côté, nous constatons que des médecins à Ghaza refusent de quitter leur poste, prêts à mourir aux cotés de leurs patients. De l’autre côté, à près d’une septantaine de kilomètres plus loin, d’autres médecins, ayant prêté le même serment, semblent plaider, justifier et encourager leur destruction.
Nous assistons, effarés, à la transformation du rêve en cauchemar. Il convient alors de rappeler les mots du D. Ghassan Abu Sitta, un chirurgien bénévole à l’hôpital Al-Chiffa de Ghaza : « ces 100 médecins ont dû prêter le même serment d’Hippocrate qu’Harold Shipman».
« Premièrement, ne pas faire mal », même si cela semble plus facile à dire qu’à faire, alors apprenons de nos confrères à Ghaza, réitérons le serment et préservons le, car un jour, il maintiendra vivant le rêve…
« Je fais la promesse solennelle de consacrer ma vie au service de l’humanité, je donnerai à mes enseignants le respect et la gratitude qui leur sont dus, j’exercerai ma profession avec conscience et dignité. La santé de mes patients sera ma toute première préoccupation, je tairai les secrets qui me sont confiés même après la mort de mes patients. Je maintiendrai par tous les moyens en ma possession, l’honneur et les nobles traditions de la profession médicale. Mes collègues seront mes frères et sœurs. Quoi qu’il advienne j’aurais le plus grand respect pour la vie humaine, je n’utiliserai pas mes connaissances contre les lois de l’humanité et les droits civiques même sous la contrainte. Je fais cette promesse solennellement, librement et sur mon honneur. »
Hadji Yousria, médecin
