De grandes marques à l’horizon: Le marché de l’automobile en quatrième vitesse

Alors que l’industrie automobile algérienne entame une nouvelle ère marquée par l’ouverture du marché national à des marques de renom et la relance de la production locale, le pays se prépare à accueillir une vague de nouveautés dans le secteur automobile.
L’introduction de constructeurs de renommée internationale tels que Fiat, Jac, Opel, Nissan, et le groupe chinois JAC Motors constituent une preuve tangible de l’intérêt croissant des acteurs internationaux pour le marché algérien offrant ainsi aux consommateurs locaux un choix plus diversifié.
Le récent octroi de trente-huit agréments définitifs à des concessionnaires, ainsi que l’imminence du lancement de l’usine Fiat à Oran, sont des étapes clés dans le processus de développement de l’industrie automobile en Algérie. Ces initiatives visent à répondre aux besoins actuels du marché tout en jetant les bases d’une industrie automobile nationale solide.
Les voitures Opel commercialisées dès demain
Le concessionnaire automobile « Halil Group » a annoncé le lancement de la commercialisation des voitures de la marque « Opel » en Algérie, selon un communiqué du ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique. Cette opération est prévue pour demain, mercredi 15 novembre.
Les détails de cette initiative ont été discutés lors d’une réunion, tenue dimanche dernier, entre le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, le directeur exécutif de « Halil automobile », et le directeur de la marque « Opel » en Algérie, Nassim Benguergoura.
Lors de cette réunion, les trois modèles de voitures Opel qui seront proposés sur le marché algérien ont été présentés. M. Aoun a souligné l’importance de rendre ces modèles abordables pour la classe moyenne en particulier, qualifiant les prix proposés d’élevés. Il a également encouragé l’ajout d’autres modèles à des prix raisonnables.
M. Benguergoura a annoncé, quant à lui, l’entrée de 4.000 voitures Opel sur le marché avant la fin de l’année en cours comme rapporté dans le communiqué officiel.
La même source indique également l’arrivée de plusieurs autres marques sur le marché algérien « à la fin de l’année en cours ». Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la création d’une véritable industrie automobile en Algérie, dans le but de stimuler la concurrence sur un marché national qui est sous pression depuis plusieurs années. Cela devrait permettre de réduire les prix des véhicules pour les consommateurs algériens.
Les véhicules « Chery » déjà en vente
La commercialisation des voitures de la marque chinoise « Chery » a été inaugurée par M. Aoun et son collègue du Commerce et de la Promotion des exportations, Tayeb Zitouni, jeudi dernier à Alger.
Lors de la cérémonie officielle, M. Aoun a souligné l’engagement des autorités publiques à promouvoir une véritable industrie automobile en Algérie, visant à apporter une plus-value à l’industrie nationale et à rendre les véhicules de qualité accessibles à des prix raisonnables. Il a annoncé que l’année 2024 serait dédiée à l’industrie automobile en Algérie, notant que les grandes marques automobiles manifestaient un intérêt croissant pour le marché local. Il a insisté sur la nécessité pour les constructeurs automobiles de proposer des produits à des prix abordables.
L’arrivée du fabricant chinois « Chery » sur le marché algérien représente une réponse à la demande croissante de véhicules de qualité dans le pays, suite à la suspension des importations qui a entraîné une pénurie d’offre ces dernières années. La représentation de «Chery » en Algérie, « Auto Leader Company », est présente dans 30 wilayas et propose sept modèles de différentes gammes, avec des prix débutant à partir de 1,99 million de DA.
De son côté, M. Zitouni a souligné que le lancement de nouvelles marques automobiles sur le marché national reflétait la volonté du président de la République de développer une stratégie claire pour établir une véritable industrie automobile en Algérie. Il a annoncé l’autorisation d’importer 185.500 véhicules en 2023 et a précisé que les pouvoirs publics, en particulier les services de contrôle du ministère du Commerce, surveilleraient les prix des véhicules pour garantir des tarifs raisonnables.
Il a également noté les efforts déployés par « Chery Algérie » pour lancer un système d’information permettant de suivre les prix de ses véhicules auprès de tous les distributeurs. Il a évoqué la mise en place de procédures administratives et judiciaires pour contrôler les prix et prévenir la vente de véhicules par des intermédiaires.
Enfin, le directeur général d’« Auto Leader Company », Aïmene Cherit, a mis en avant les projets ambitieux de l’entreprise, notamment la construction d’une usine de fabrication automobile à Bordj Bou Arreridj, avec une capacité de production de 24.000 unités par an. L’usine vise à produire 100.000 véhicules d’ici la troisième année de son entrée en production, avec l’objectif de créer une plateforme d’exportation en Algérie.
Nissan de retour en Algérie
Avant les annonces de Fiat, Chery, et Opel, c’était le géant japonais Nissan d’annoncer son grand retour sur le marché automobile algérien. Lors de la conférence de l’Assemblée populaire nationale (APN) en début octobre dernier, le ministre de l’Industrie, Ali Aoun avait révélé l’octroi de vingt-quatre (24) agréments d’exploitation dans le secteur de l’automobile, dont la marque Nissan fait partie.
Le constructeur japonais, qui a connu un succès marqué parmi le public algérien lors des périodes prospères du secteur automobile, semble renouer ses liens avec son ancien distributeur, le groupe Hasnaoui.
Le premier véhicule à être commercialisé sera le SUV Navara, conçu principalement pour les professionnels, avant l’intégration de nouveaux modèles de la marque. Une nouvelle qui suscite l’enthousiasme, bien que le grand public doit patienter jusqu’à l’année prochaine pour découvrir ces nouveaux modèles.
La date précise du lancement de la commercialisation n’a pas encore été annoncée. Joni Paiva, président de Nissan Afrique, voit dans cette décision un nouveau départ pour la marque. De son côté, Maciej Klenkiewicz, directeur national de Nissan Afrique du Sud, a exprimé sa satisfaction quant à ce partenariat renouvelé avec le groupe Hasnaoui, démontrant les performances éprouvées par ce partenaire local. Il est important de rappeler que l’Algérie était l’un des trois marchés les plus stratégiques pour Nissan en Afrique.
Le groupe chinois JAC Motors s’engage aussi
Depuis des mois déjà, le marché automobile algérien a commencé à attirer l’attention des constructeurs internationaux. Avant Nissan, Chery et Opel, c’est le groupe chinois JAC Motors qui avait manifesté un vif intérêt. En septembre dernier, des représentants du groupe chinois se sont réunis avec M. Aoun, pour discuter de leur projet de co-entreprise visant à produire des véhicules dans la wilaya d’Ain Témouchent.
JAC Motors, un acteur majeur de l’industrie automobile chinoise, cherche à étendre sa présence à l’international, notamment en France, où la société prévoit de distribuer des camions électriques en collaboration avec Tekauto.
Lors de la réunion avec les représentants de JAC Motors et du distributeur automobile algérien Emin Auto, le ministre Ali Aoun a examiné en détail le projet de production de véhicules JAC dans la wilaya d’Ain Témouchent. Les détails du projet, y compris les modèles de véhicules envisagés et le calendrier de production, n’ont pas encore été pleinement révélés.
38 concessionnaires agréés
L’annonce de l’octroi de 38 agréments définitifs, notamment 12 pour la commercialisation de voitures de tourisme, reflète l’aboutissement d’un processus initié depuis l’introduction de décrets exécutifs fixant les conditions pour les concessionnaires de véhicules et les constructeurs de véhicules en novembre 2022.
Ces initiatives répondent aux besoins actuels du marché tout en jetant les bases d’une industrie automobile pérenne. Les autorités publiques, par le biais du ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, ont souligné la nécessité de passer d’une importation temporaire à une industrie locale solide, capable de créer des emplois permanents, de stimuler l’économie et d’augmenter la production nationale. Ainsi, cette série de développements récents annonce une ère prometteuse pour l’industrie automobile en Algérie, ouvrant la voie à une concurrence dynamique sur le marché national et offrant aux consommateurs des options diversifiées à des prix plus abordables.
B. Bakhta
