Déstockage de grandes quantités: La pomme de terre à 75 DA

La Société algérienne de régulation des produits agricoles (SARPA), a procédé, hier, au déstockage de grandes quantités de pomme de terre afin de stabiliser les prix de ce produit de large consommation et barrer la route aux spéculateurs.
C’est ce que rapporte l’APS qui précise que cette opération menée en coordination avec l’Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (ONILEV), vise à réguler les prix. Ce déstockage est effectué pendant la période dite «de soudure», c’est-à-dire lorsque la récolte de la pomme de terre fraîche commence à diminuer sur les parcelles, afin d’assurer l’approvisionnement régulier du marché. Une période qui s’étale de la fin octobre à la fin novembre. Les pouvoirs publics anticipent ainsi une éventuelle flambée des prix notamment lors de cet intervalle. La société publique avait constitué des stocks de 35.000 tonnes, destinés à réguler le marché durant cette période marquée par un manque de récolte et la pomme de terre sera déstockée de manière progressive.
Dans un premier temps, quelque 5.000 tonnes de tubercules seront déstockées, selon la même source. Ces quantités seront vendues via un circuit direct aux consommateurs, au prix plafonné de 75 DA, dans les grandes surfaces commerciales, les points de vente relevant des offices et des entreprises publiques économiques, notamment l’Office national des aliments du bétail (ONAB) et la société DICOPA, ainsi que dans les points de vente mis en place par les collectivités locales. Le kilo de la pomme de terre oscille actuellement entre 90 et 120 DA sur les marchés.
Outre la préservation des revenus des producteurs, ce système de déstockage a pour objectif de stabiliser l’approvisionnement du marché de ces produits. L’entrée sur le marché de la pomme de terre d’arrière saison ne débutera qu’à la fin novembre pour se poursuivre jusqu’à avril prochain. La consommation atteint annuellement 100 kilos par habitant.
Il y a une année, durant cette période, l’Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (ONILEV) a effectué un déstockage de 30.000 tonnes de pomme de terre.
Le défi de l’autosuffisance en semences
La production locale est confrontée au défi de la disponibilité des semences de pomme de terre. Chaque année, la filière a besoin de 450.000 tonnes de semences. Des centres de recherche se sont lancés dans la conception de vitro-plants, des pommes de terre cultivées dans des tubes de verre. Une technologie aujourd’hui maîtrisée en Algérie. Installée à Guellal (Sétif) depuis 2017, Agrodev, filiale du groupe public Gvapro a pour mission d’approvisionner le marché local en semences. La production locale a déjà permis une réduction des importations. Celles-ci atteignent encore 120.000 à 150.000 tonnes pour une valeur de 90 à 100 millions de dollars. Gvapro indique que depuis 2019, l’Algérie n’importe que 20% en semences de pomme de terre, le reste est produit localement avec des moyens entièrement algériens. Pour Nacera Traboulssi, la directrice d’Agrodev, le passage des capacités actuelles de production de 800.000 mini-tubercules à 1,5 million permettrait à l’Algérie une autosuffisance en la matière. À Guellal, la production de semences est réalisée à partir du matériel génétique appartenant à des entreprises hollandaises et françaises. Ce sont les obtenteurs des variétés Spunta et Désirée, des cultivars très recherchés par les agriculteurs.
Il y a toutefois un petit handicap concernant les variétés protégées par des brevets qu’on ne peut produire chez nous qu’en payant des royalties. Une alternative est proposée par le laboratoire de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Sebaïne (Tiaret), celle de la production de variétés locales. Une sélection possible en utilisant du matériel génétique fourni dans le cadre de la coopération avec des organismes internationaux. Déjà à Sebaïne, Ahmed Zebar, le directeur du laboratoire, revendique l’inscription au catalogue national de 12 variétés de pomme de terre.
G. Salima
