Appareils de chauffage et détecteur de monoxyde de carbone: 18 unités de production sous la loupe

 

En prévision de la saison hivernale, l’Etat multiplie les initiatives pour protéger les citoyens des menaces du monoxyde de carbone, un gaz fatal et silencieux à l’origine de nombreux drames familiaux. Le Gouvernement déploie ainsi des mesures visant à contrôler la qualité des équipements de chauffage et des détecteurs de monoxyde de carbone pour un plus de sécurité.
A cet effet, le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations a initié une opération de contrôle de 18 unités de production d’appareils de chauffage et de détecteurs de monoxyde de carbone. Selon Mohamed Benzaidi, directeur du contrôle de la qualité et de la répression de la fraude, on a procédé au prélèvement et à l’analyse de 25 échantillons dans des laboratoires spécialisés. Les résultats ont mis en lumière des incompatibilités détectées chez deux détecteurs de monoxyde de carbone, dont les marques ont été identifiées par le ministère.
Cette initiative de contrôle ne se limite pas à quelques entités spécifiques, mais s’étend à tous les acteurs économiques impliqués dans la production, l’importation et la distribution de ces équipements. Son objectif principal réside dans la vérification de la conformité de ces dispositifs aux normes de sécurité établies par les arrêtés interministériels en vigueur depuis janvier 2016 et novembre 2020, qui énoncent les exigences sécuritaires des appareils à gaz combustible et des détecteurs de monoxyde de carbone à usage domestique.
M. Benzaidi a souligné l’engagement du ministère à rendre publics les résultats des tests effectués sur 21 autres échantillons actuellement en analyse, en cas de non-conformité détectée. Ces analyses sont rigoureusement effectuées dans des laboratoires conformes aux normes de qualité nationales et internationales, une garantie supplémentaire de la fiabilité des conclusions obtenues.
En parallèle, le ministère ambitionne d’étendre le nombre de laboratoires accrédités, passant de 35 à 45 d’ici fin 2024, dans le but de renforcer davantage la capacité de contrôle et d’assurance qualité. Actuellement, huit laboratoires ont déjà obtenu l’agrément de l’Organisme Algérien d’Accréditation (ALGERAC), tandis que neuf autres attendent leur accréditation imminente.
Cependant, M. Benzaidi a souligné l’importance pour les consommateurs de ne pas se fier uniquement à leurs propres moyens pour évaluer la fiabilité des équipements. Il les a exhortés à faire preuve de vigilance lors de l’installation de ces dispositifs, recommandant fortement de faire appel à des services de plombiers qualifiés pour assurer une mise en place adéquate et sécurisée.

Menace persistante

Rappelons que dans le cadre des mesures préventives adoptées pour sécuriser les foyers, le président de la République a ordonné à Sonelgaz de doter gratuitement les foyers de dispositifs d’alarme destinés à détecter les éventuelles fuites de monoxyde de carbone. Cette mesure vise un objectif primordial : sauvegarder la vie des citoyens en impliquant les risques inhérents à l’asphyxie provoquée par les gaz brûlés. Lancée en février dernier, cette opération s’inscrit dans une démarche proactive pour assurer la sécurité des foyers face aux dangers potentiels du monoxyde de carbone pendant la saison hivernale.
Notons par ailleurs que malgré les efforts soutenus par les autorités pour renforcer la prévention des dangers du monoxyde de carbone, les statistiques alarmantes des victimes continuent à susciter une inquiétude croissante. Selon la Direction générale de la Protection civile, pas moins de 54 personnes ont perdu la vie par asphyxie au monoxyde de carbone en janvier dernier à travers le territoire national. La journée du 9 janvier dernier a été particulièrement sombre, avec dix-sept (17) décès enregistrés, impliquant notamment des membres de mêmes familles.
Les services de la Protection civile ont réussi à sauver la vie de 714 personnes au cours de la même période indiquée (janvier 2023), démontrant l’importance capitale de la sensibilisation et de la préparation face à cette menace invisible. Un exemple récent de l’efficacité de ces équipes de secours s’est manifesté à Oran, où trois personnes, âgées de 8 à 48 ans, ont été secourues après avoir inhalé du monoxyde de carbone provenant d’un chauffe-bain défectueux. Cet incident dramatique est survenu, dans la nuit du 6 au 7 novembre courant, dans la localité de Hai el Yasmine, relevant de la commune de Bir El Djir. Ce genre d’incident souligne la nécessité d’une vigilance accrue à l’échelle nationale.
Le bilan de l’année précédente indique que 105 personnes ont perdu la vie à cause du monoxyde de carbone, tandis que 3257 autres ont été sauvées d’une mort certaine. Ces chiffres soulignent l’urgence d’actions supplémentaires pour endiguer cette menace persistante, malgré les mesures préventives en cours. Les récentes initiatives gouvernementales visant à renforcer la sécurité des foyers à travers des contrôles rigoureux et la distribution d’alarmes gratuites représentent un pas dans la bonne direction. Toutefois, ces tragédies récurrentes rappellent que la vigilance individuelle et collective demeure la première ligne de défense contre ce tueur silencieux, exigeant une mobilisation continue de la part de la société et des autorités pour prévenir de futures pertes tragiques.
B. Bakhta

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