Ils ont été condamnés à trois ans de prison ferme : 13 Marocains jugés en appel
15 personnes, dont 13 ressortissants marocains, ont comparu devant le tribunal d’appel d’Oran pour émigration clandestine et entrée illégale sur le territoire algérien. Lors du procès en première instance, ils avaient été condamnés à trois ans de prison ferme, peine dont le ministère public a demandé l’aggravation.
Les accusés ont été arrêtés à la mi-octobre 2023 en pleine mer alors qu’ils naviguaient en direction des côtes espagnoles. Alors que leur bateau était tombé en panne, ils ont été interceptés par une patrouille des garde-côtes qui les ont remis aux services de sécurité compétents. Les interrogatoires ont permis de déterminer que deux Algériens se trouvant parmi le groupe étaient les organisateurs du voyage : l’un d’eux était le responsable du bateau et l’autre s’occupait de la navigation.
En réponse aux accusations, le premier accusé a expliqué qu’il souhaitait quitter le pays et que, dans cette optique, un dénommé Noureddine l’avait contacté et proposé son aide à condition toutefois de piloter l’embarcation, faute de moyens financiers pour payer sa traversée clandestine.
Le second accusé a confirmé avoir été contacté par le même Noureddine au sujet de cette tentative d’immigration illégale. Il a également accepté l’offre et s’est rendu au lieu de rendez-vous convenu, où une autre personne les a conduits à bord de sa voiture jusqu’à une ferme située dans la région d’Ain El Karma. Ils y seraient restés jusqu’à 20h, heure à laquelle leur voyage a débuté depuis la plage de Madagh.
De leur côté, les accusés de nationalité marocaine ont reconnu que leur présence en Algérie était motivée par leur volonté d’immigrer illégalement en Europe. Ils ont déclaré avoir versé 80 millions de centimes chacun. L’un d’eux a justifié son acte en expliquant qu’il souhaitait rejoindre sa femme et sa fille, malades, qui résidaient en Espagne et dont il était séparé depuis dix ans.
Lors du procès, interrogés par le président du tribunal d’appel sur les raisons pour lesquelles ils avaient choisi de passer par l’Algérie plutôt que de quitter directement leur pays, les accusés marocains ont répondu que les coûts de l’immigration clandestine depuis le Maroc étaient prohibitifs.
Ils ont ajouté que l’immigration via l’Algérie était plus abordable, et que le coût de l’immigration illégale depuis le Maroc vers l’Espagne pouvait atteindre le double de ce qu’ils avaient payé.
Les avocats de la défense ont plaidé les circonstances atténuantes et le verdict a été mis en délibéré.
Zemmouri L.