Ce que j’en pense : Tout à un prix et Dieu reconnaitra les siens
>> Par Moncef Wafi
Une trêve, un cessez-le-feu, une cessation des hostilités, qu’importe le nom que chaque partie veut lui affubler pour en tirer les dividendes mais, en fin de compte, c’est la Résistance palestinienne à Ghaza qui a imposé sa loi.
Elle n’a eu besoin de personne, ni de l’ONU encore moins de la Ligue des comiques arabes ou des prétendues organisations internationales qui goutent au sang de la victime avant de pondre un communiqué misérable à la hauteur de leur fatuité.
Dieu que ce fut dur, insupportable génocide commis contre une population civile désarmée, impuissante face aux bombes sionistes et américaines. Des milliers d’enfants partis en lambeaux, portés à bout de bras par un père résigné, pleurés par une mère inconsolable. Des scènes surréalistes exigeant de puiser au fond de son courage et de sa foi pour ne pas perdre la raison à la vue de son enfant déchiqueté ou enseveli sous les décombres.
Des parents exemplaires, des orphelins courage qui n’ont que le Ciel vers qui se tourner parce que les hommes, ici bas, n’ont de virilité que les moustaches qui recouvrent leurs lèvres impures. Fatalistes, ils ont fui les affres d’un enfer sur terre sous le regard bienveillant du cynisme occidental.
Après 45 jours de combats, Hamas a dicté ses conditions. Elle a échangé trois Palestiniens détenus dans les geôles sionistes contre un colon israélien ramassé lors de l’incursion historique du 7 Octobre. Si on est loin de la transaction du soldat Gilad Shalit, la démarche n’en est qu’à ses débuts puisque des militaires faits prisonniers sur le terrain des combats, il n’en est pas encore question.
L’entité sioniste a fait de Ghaza un champ d’honneur, enterrant près de 15000 Martyrs. La Résistance palestinienne a fait de Ghaza un champ de ruines, explosant les chars de l’armée d’occupation comme de vulgaires pop-corn qu’on picore devant un match de foot ; abattant ses soldats d’opérette comme dans un stand de tir forain et faisant des prisonniers parmi les troupes d’élite sionistes et américaines. Dieu que ce fut jouissif !
Pendant ce temps, les bédouins customisés continuent à se déhancher avec obscénité aux sons de la flute et du bendir ; à se bousculer pour une bouteille de bière qu’on boit avec responsabilité, selon le slogan publicitaire en vigueur. On fait cortège aux chiens et les exégètes cathodiques, payés par le Palais et la République, pointent un doigt accusateur et boudiné, surtout accusateur, contre le Hamas. Des Arabes sionisés ; l’espèce la plus venimeuse après le crotale de Mojave ; se découvrent des dons d’orateurs danseuses du ventre et serpillères pour leurs maîtres.
L’épopée de Ghaza, même si elle n’est pas terminée, a rendu aux peuples arabes un semblant de dignité foulé aux pieds des impuissances officielles. Elle a relevé le drapeau palestinien, enfermé à double tour, dans l’un des tiroirs de Ramallah. Elle a fédéré l’humanité autour du rejet du meurtre d’enfants et de femmes et du droit à la lutte pour la liberté. Elle a déshabillé l’hypocrisie de la bien-pensance occidentale qui exige de la victime de demander pardon au bourreau.
Mais comme l’a si bien dit De Gaulle de Colombey-les-Deux-Mosquées : « Ghaza, Ghaza outragée, Ghaza brisée, Ghaza martyrisée mais Ghaza libérée ! ».